couverture planete dora

  • Editeur : Seuil; Édition : SEUIL (1 mars 1985).
  • Collection : Biographie.
  • Langue : Français.

Critique de Claude Lévy, Vingtième Siècle. Revue d’histoire, 1986.

‎ »En rédigeant ce livre, Yves Béon n’a pas seulement rendu « hommage à ceux qui, avec une incroyable dignité, souffrirent et moururent à Dora » ; les souvenirs qu’il a laissé parler fournissent un document de premier ordre sur un camp de concentration encore mal connu.

Il avait 18 ans, lorsque, après un court séjour à Buchenwald, il fut expédié en convoi à Dora, où il arriva par une sinistre journée, le 13 mars 1944.

Dora fonctionnait depuis le mois d’août précédent avec une main-d’uvre prélevée sur le camp voisin de Buchenwald, qui alimentera en déportés d’autres satellites : Ellrich, Harzungen, dont les seuls noms glaçaient les intéressés.

A Dora, située non loin de la ville de Nordhausen, les Allemands avaient fait construire, sous une colline du Harz, une usine de fabrication de fusées V2, puisque la base de Peenemünde qui les produisait jusque-là avait été détruite par les bombardements alliés. Le maître d’uvre était une firme liée aux SS, la firme Zawatsky, qui sous-traitait à des entreprises de plus petite envergure ; les travailleurs ne coûtaient évidemment pas cher ni à vêtir ni à nourrir : il s’agissait de déportés chez lesquels, on s’en doute, la mortalité fut considérable.

Yves Béon estime que l’effectif de Dora était d’environ 12.000 hommes, et qu’en raison des pertes plusieurs dizaines de milliers de Häftlingen s’y succédèrent entre le mois d’août 1943 et avril 1945, quand les Américains occupèrent le camp.

L’un des éléments les plus intéressants de ce livre est la description de l’extrême clivage qui régnait à l’intérieur de cette usine souterraine. L’harmonie était loin de régner entre ces prisonniers venus des quatre coins de l’Europe : si les Français et les Belges faisaient assez bon ménage avec les soldats italiens raflés après l’armistice de Badoglio, les rapports étaient très tendus avec les Slaves, en particulier avec les Polonais. Quant aux Russes, ils occupaient le bas de l’échelle concentrationnaire. A plus forte raison, le clivage était marqué avec le personnel allemand : ingénieurs et contremaîtres évacués après blessure du front de l’Est, et personnel féminin de bureau bien pomponné, que la seule vue des déportés dégoûtait. »

Réfèrence:

  • ISBN-10: 2020086824.
  • ISBN-13: 978-2020086820.

Planète Dora a été édité en anglais : Planet Dora: A Memoir Of The Holocaust And The Birth Of The Space.