Amyot d’Inville

GERALD AMYOT D INVILLE 1937Né le     15 septembre 1910              à Beauvais

Pseudonyme :       Lejeune

Profession : prêtre

Situation familiale : célibataire

Domicile : Senlis

Réseau maquis : OCM (organisation civile et militaire) en 1943

 Arrêté le :  le 13 décembre 1943

Prisons : Compiègne

parcours

Il est déporté par le convoi parti de Compiègne le 27 Janvier pour Buchenwald où il a le matricule 41372

Il est transféré à Wieda le 31 août.

Il est  emmené à Ellrich le 27 janvier 1945 où le Docteur Segelle assiste à son décès deux jours plus tard. Il sera incinéré à Dora le 30 janvier 1945.

Témoignage

Article paru dans le Doralien de juin 2014

Hommage à Gérald Amyot d’Inville

Gérald Amyot d’Inville est né à Beauvais le 15 septembre 1910. C’est le troisième d’une fratrie de quatre enfants. Il est ordonné prêtre le 9 juin 1936, et est nommé Vicaire de Senlis en 1938. Ses actions sont tournées essentiellement vers les jeunes. Il crée un cinéma, des colonies de vacances, un patronage, un centre d’apprentissage.

 

Mobilisé en 1939 au 26e Régiment d’Artillerie  il regagne clandestinement Senlis le 22 /9/1940. Le plus jeune de ses frères est grièvement blessé sur la Somme, en juin 1940, et termine la guerre en captivité. Ses deux aînés Jacques et Hubert sont tués : le premier, Capitaine de Légion Etrangère, en Tunisie en avril 1943 ; le second, Français Libre, lors des combats en Italie, en juin 1944.

 

A la suite de la fermeture du Centre d’apprentissage, il transformera le patronage en une association d’éducation populaire et sportive et ouvrira un centre professionnel le 1er Mai 1942.

 

Très vite il aide les prisonniers évadés et les aviateurs alliés à rejoindre Londres. Il travaille alors en relation avec un réseau belge. Le groupe de résistants qu’il anime rejoint l’OCM (organisation civile et militaire) en 1943. Sous le pseudo de « Lejeune », il est désigné en février 1943 chef du réseau de Senlis.

 

Appréhendé le 13 décembre 1943, il est interné au camp de Royallieu le 18 janvier 1944. Il est déporté le 27 Janvier à Buchenwald où il a le matricule 41372. Louis Garnier l’a  personnellement connu  en quarantaine au block 48 de Buchenwald et est comme lui parti à Dora le 13 mars 1944. Il lui a laissé un souvenir qu’il n’a jamais oublié : « Le Kommando Zaunbau (construction de clôture) auquel j’appartenais, travaillait le 6 juin 1944, tout au fond du camp, sur le côté de la clôture opposé à l’entrée. Vers la fin de la matinée, nous avons vu surgir l’abbé Amyot, qui nous a calmement, sans emphase, annoncé le Débarquement. Il a disparu aussitôt, sans doute pour porter cette nouvelle à d’autres. Nous savions tous que le fait de la colporter dans le camp n’était pas sans risques » Louis Garnier.

 

Dans son ouvrage « 16 mois de bagne à Buchenwald-Dora par le numéro 43.652 », Alfred UNTEREINER, en religion Frère BIRIN, raconte comment l’abbé Amyot poursuivit son sacerdoce :

 « Au début, n’ayant rien pour célébrer la messe, nous dûmes nous contenter de nous réunir le Dimanche pour prier en cachette, après l’appel, soit dans un bosquet, soit dans un des nombreux Blocks en construction, loin des regards des S.S. ou des Lagerschutz (…) Pour éviter que l’attroupement autour du célébrant n’attirât l’attention, un assistant lisait tout haut un lambeau de journal qui avait servi d’emballage. L’abbé Amyot d’Inville utilisait un gobelet en guise de calice et un mouchoir faisait office de nappe et de corporal. Ses genoux remplaçaient la table d’autel. À la moindre alerte, une musette recevait les objets suspects. L’abbé Amyot s’était déclaré menuisier ; partageant le sort de ses compagnons de misère, il ne pouvait guère fréquenter que les hommes de son Block (…) L’abbé Amyot d’Inville se dépensait sans ménager ses forces et parfois au mépris du danger. Chaque soir, il s’efforçait de me rejoindre à mon Block et je l’informais des malheureux qui réclamaient son ministère. Après une longue journée d’un travail harassant et exténué de fatigue, il s’imposait de porter ses consolations à tel de nos camarades que je savais mourant et qui n’avait pas été accepté au Revier. Nombreux sont les pauvres compatriotes qu’il a pu assister. Un jour, cependant, il se trahit. Un compagnon de labeur défaillit sous ses yeux. N’écoutant que son cœur de prêtre, l’abbé Amyot lui donna une dernière absolution. Un S.S. l’aperçut, fonça sur lui en hurlant : « Pfaffe » (« curaillon ») et le brutalisa de façon atroce. Le lendemain, il était désigné pour le Kommando de Wieda-Ellrich. Je voulus lui épargner cette mutation ; lui- même m’en dissuada : « Ici, me dit-il, je suis découvert et, même en cachette, je ne pourrai plus exercer mon apostolat sans attirer l’attention. Ailleurs, j’espère pouvoir être utile »

 

Il est  transféré  à Wieda le 31 août.  Dans ses mémoires Aimé Bonifas dit qu’il l’a rencontré  à  Osterhagen le jour de Noël. Il retournera à Wieda.  Rongé par la fièvre, épuisé par la dysenterie, il est envoyé à l’infirmerie puis, le 27 janvier 1945, emmené à Ellrich où  le Docteur Segelle assiste à son décès  deux jours plus tard. Il sera incinéré à Dora le 30 janvier 1945.

 

Le lycée professionnel de Senlis porte son nom

 

 

 

honneurs

média

Amyot-d'Inville

LIVRE AMYOT INVILLE GERALD

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Amyot d Inville Gérald

 

 

 

 

Sources

♦ archives Amicale Dora Ellrich,

Livre Mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

Livres des morts de Mittelbau Dora

♦ livre « l’abbé Gérald Amyot d’inville : vicaire de la cathédrale de Senlis, martyr de la résistance  » de l’abbé Jean Marie – Jean Léturgie 1966 Edition notre dame – Coutance

 

Journal Officiel

 

JORF n°0079 du 1 avril 2012 page 5955
texte n° 6ARRETE
Arrêté du 24 janvier 2012 portant apposition de la mention « Mort en déportation » sur les actes et jugements déclaratifs de décèsNOR: DEFM1204979A

Par arrêté du directeur général de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre en date du 24 janvier 2012 :
I. ― La mention « Mort en déportation » est apposée sur les actes et jugements déclaratifs de décès deAmyot d’Inville (Gérald, Marie, Henry), né le 15 septembre 1910 à Beauvais (Oise), décédé le 31 janvier 1945 à Wieda (Allemagne).
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