Blankenburg

Emplacement : Blankenburg, quartier d’Oesig

Désignation du camp par la SS : Klosterwerke

Création : le 24 août 1944

Affectation des prisonniers : usines du cloître (Harzer Werke – usines du Harz), organisation Todt

Genre des travaux forcés : entre autres, construction de galeries dans la mine Braunesumpf (projet de construction « Porphyr »)
Victimes : le nombre des décès n’est pas connu

1958 photo prise par Josef Huybreghts déporté belge

1958 photo prise par Josef Huybreghts déporté belge

   Blankenburg est une petite ville située dans la partie nord-est du Harz, sur le versant opposé à   Nordhausen.      Comme un peu partout dans le Harz, il existe dans le voisinage des mines et des carrières, abandonnées ou non.  L’Organisation Todt décide, au milieu de 1944, d’ouvrir là un chantier

 Le camp s’appelle Klosterwerke et il est situé à Oesig, une localité à l’ouest de Blankenburg Il est ouvert le 23 août  1944 par un groupe de 500 détenus arrivés par train directement de Buchenwald.

Dans le nombre, il y a plus de 350 Belges et quelques Français. Les autres détenus sont des Polonais, des Russes, etc…Des haftling à triangle Vert assurent l’encadrement des Blocks et des Kommandos

Les détenus sont d’abord logés dans un camp de tentes. Une partie d’entre eux, est affectée à la construction d’un camp de baraques, Il est occupé à partir du 1er octobre.

Les autres détenus sont envoyés aux travaux de creusement ou d’évacuation des pierres, ou au transport de sacs de ciment et de fers à béton. Le médecin français du Revier, le Dr Georges Ropers, venu d’Ellrich, fait ce qu’il peut, mais manque de médicaments. La mortalité est importante. Les cadavres, dénudés, sont jetés dans une fosse commune.

L’évacuation d’avril 1945 commence par une marche, Le départ a lieu le 6 avril du nord du Harz et les survivants rentrent de Suède à la mi-juillet. Un certain nombre de détenus de ce Kommando ne participent pas à cette marche. Le 4 avril, un groupe a été transféré à Dora et il suit l’évacuation de ce camp. Un petit groupe de malades est laissé sur place. Il est pris en charge deux jours plus tard par Georges Desprez, qui s’occupe déjà des malades d’une colonne arrivant de Harzungen.

Les autres détenus de Blankenburg-Oesig (Klosterwerke), avec une majorité de Belges20, et quelques Français comme Gruat, Tumerelle et Leciejewski, sont rassemblés en une colonne qui passe par Halberstadt, Oschersleben, Egeln et Langenweddingen. Elle atteint Magdebourg le 8 avriL La marche a été très rapide et des détenus trop faibles ont été tués en route.

À Magdebourg, ils embarquent les uns et les autres sur la péniche néer¬landaise Wilma, qui descend l’Elbe en direction de Hambourg. A l’intérieur, c’est l’inconfort total. Rien n’est prévu pour le couchage. « Les premiers arrivés qui s’étaient crus en bonne posture en s’adossant à la paroi doivent vite déchanter ; l’humidité les transperce et ils voudraient gagner le centre pour bénéficier de la chaleur de la grappe, mais ils sont rejetés impitoyablement contre la coque humide. » …..

Tout le monde souffre de la faim et de la soif. Il est possible que Neuengamme ait été la première destination envisagée. Mais à Lauenburg la péniche quitte l’Elbe et prend le canal Elbe-Lubeck. Le 12 avril au soir, elle accoste à Lübeck. Le 13 avril, on remet les détenus en colonne. Une marche les conduit à Sarau- Glasau quelques kilomètres plus loin. Il y a encore des victimes le long du trajet.

Les détenus arrivent épuisés, dans une immense grange. Commence alors une très longue attente, puisqu’elle dure du 13 au 30 avril. C’ est dans une région où les Britanniques n’arriveront qu’avec la capitulation de l’Allemagne. « Seuls ceux qui, après trois ou quatre jours, furent mis au travail chez des particuliers eurent droit à quelques pommes de terre, un morceau de viande, voire un œuf. Mais ce n’était là qu’une minorité. » Pendant cette période, des détenus meurent dans la grange, d’inanition, et leurs camarades ont à peine la force de traîner les cadavres dans une fosse.

Le 30 avril, des camions de la Croix-Rouge suédoise arrive, Un arrangement entre le comte Folke Bernadette et Himmler permet aux Suédois de sortir d’Allemagne des prisonniers occidentaux, des Scandinaves, mais aussi des Français, Belges, Luxembourgeois et Néerlandais. Les détenus de Blankenburg de ces nationalités sont conduits à Lübeck. Les autres partent à pied en direction de Neustadt Ils font halte à Süsel, où la Croix-Rouge suédoise arrive à nouveau le 1er mai et procède à la même sélection, en incluant les Tchèques .Ceux qui ont été choisis sont embarqués sur deux bateaux de la Croix- Rouge suédoise, le Magdalena et le Lillie Matthiessen.

Le 2 mai, les deux navires suédois arrivent dans le port de Trelleborg. Les malades sont immédiatement hospitalisés.

Ceux qui n’ont pas été choisis par l la Croix-Rouge suédoise poursuivent leur route jusqu’à Neustadt et vont rejoindre les détenus de Neuengamme qui sont entassés sur trois bateaux :le Thielbeck, le Cap Arcona et L’Athen.

Le 3 mai au matin,. En début d’après-midi le Cap Arcona, et le Thielbeck s’éloignent dans la baie, une escadre de la flotte aérienne britannique survole la baie de Lübeck pensant avoir affaire à des navires allemands ils les bombardent. Le Cap Arcona prend feu et il n’y eut que 350 survivants Une heure plus tard, ce fut l’attaque du Thielbeck, dont seuls 50 prisonniers ont survécu.

La totalité des 1.998 prisonniers de l’Athen ont été sauvés car le bateau se trouvait encore dans le port lorsque l’attaque eut lieu.
La visibilité médiocre, le matin du 3 mai, ne permit pas aux Anglais de repérer les signes que les prisonniers firent aux avions. Ils ne virent pas non plus le drapeau blanc flottant sur le Thielbeck…

 

 

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