Bollaert Emile, présiden d'honneur amicale Dora Elrich

Emile Bollaert est Président d’honneur de l’Amicale Dora Ellrich


Né le
  13/11/1890   à Dunkerque (59)

Pseudonyme :  Beaudouin

Profession : préfet 

Situation familiale :

Domicile :

Réseau maquis :

Arrêté le : 3 février 1944

Prisons – camp d’internement: Rennes puis Fresnes le 19 mars

Il est dans le convoi parti de Pantin le 15 août 1944 pour Buchenwald où il a le matricule 77 127

parcours
il est transféré à Dora le 3 septembre 1944.
Il est évacué à Bergen-Belsen le 5 avril où il est libéré le 15 avril 1945
Il est élu sénateur le 8 décembre 1946
Emile Bollaert est décédé le 18 mai 1978 à Paris. Il a été inhumé au cimetière du Montparnasse à Paris.
Emile Bollaert a eu quatres enfants.

 

Témoignage

Diplômé en droit, Émile Bollaert, est un ancien combattant de la guerre 1914-1918. Mobilisé comme sous-lieutenant de chasseurs alpins le 3 août 1914, il termine la Grande Guerre avec 5 citations et la Légion d’Honneur.

Il refuse de prêter serment au maréchal Pétain. Il est relevé de ses fonctions dans l’administration préfectorale où il travaille. En 1941,  il entre en résistance sous le pseudonyme de « Beaudouin ». Le 1er septembre 1943, il est nommé par le général de Gaulle pour succéder à Jean Moulin en qualité de délégué général du Comité français de la Libération nationale et, à ce titre, diriger l’action de la Résistance.

Fin septembre 1943, il retrouve à Paris Pierre Brossolette, chargé de l’aider dans sa prise de fonctions.  Appelé à Alger pour rencontrer le général de Gaulle, il s’embarque en février 1944 avec Brossolette et 27 autres passagers à la Pointe de Penmarch; le bateau fait naufrage, il est arrêté le 3 février 1944 par les Allemands en compagnie de Brossolette.

Arrêté le 3 février 1944 par les Allemands, Émile Bollaert est emprisonné à Rennes puis à Fresnes

 

Allocution du Révérend père Michel Riquet

 lors de l’inauguration du monument du sculpteur Raymond Corbin à la mémoire d’Emile Bollaert érigé à Lyon dans le parc de Parilly le 19 mai 1983.

«  Dans le même temps où nous allons célèbrer le 40 éme anniversaire du martyre et de la mort de Jean Moulin l’hommage rendu içi aujourd’hui à Emile Bollaert met en valeur de que fut la participation du corps préféctoral au combat de la résistance, mais également à celui de la déportation, car au sein des camps de la mort se poursuivait la même lutte des français et de leurs alliés pour la liberté et les droits de l’homme.

L’un d’entre eux, le préfet Richard Pouzet, compagnon d’Emile Bollaert dans la résistance, mais qui la poursuivit avec lui jusque dans l’enfer de Dora Ellrich et en revint avec lui par le détour de Bergen Belsen, aurait pu mieux que moi en parler aujourd’hui. Mais lui aussi n’a pas survécu, non plus que ses fidèles de Dora, l’héroïque frère Birin ou Edmond Debeaumarché.

Les uns et les autres formaient avec Emile Bollaert une équipe d’amis que rien n’a pu séparer, ni la lutte, ni la paix. Entre eux s’étaient noués des liens que la mort j’en suis sur, n’a pas relâchés mais consacrés. Ils sont encore ensemble aujourd’hui là ou , je le crois, nous les rejoindrons.

L’incomparable bienfait de la résistance et de la déportation sera d’avoir réuni des français qui, sans cela, se seraient ignorés, demeurés même éloignés par des options politiques ou idéologiques divergentes.

Mais une certaine idée de la France et la volonté de la servir, de la libérer, les a rassemblés dans un même engagement au péril de leur vie , comme Jean Moulin, préfet d’ Eure et Loire, alors que Emile Bollaert l’était de Lyon dans le désastre de 1940.

L’un comme l’autre, à l’heure de la déroute et de l’abandon, ils n’ont attendu ni les ordres, ni les contre ordres d’un gouvernements désemparé pour ne penser qu’a sauver les populations confiées à leur administration. Après quoi ils se sont, l’un comme l’autre, refusés à collaborer avec les partisan de la capitulation et de la soumission pour se rallier à l’homme auquel le 18 juin « devant le vide effrayant du renoncement général lui était apparu d’un seul coup, clair et terrible, sa mission d’assumer la France ».

On sait la suite et particulièrement le rôle joué en France par Jean Moulin, chargé par le Général de Gaulle le 24 décembre 1941 de « réaliser l’unité d’action de tous les éléments qui résistent à l’ennemi et à ses collaborateurs ». C’était une tâche difficile parmi les diversités et les compétitions au sein des divers réseaux et mouvements qui composaient la Résistance intérieure. Mais l’arrestation de Calluire le 21 juin 1943 de Jean Moulin bientôt suivie de sa mort héroïqueentraînait un trouble profond dans le fonctionnements des services: liaisons, transport, répartition, information etc… qu’il dirigeaient personnellement. Or c’était ses services qui faisait un tout cohérent de l’action de la résistance. Cette décapitation devait avoir des suites politiques et dresser devant l’unité d’importantes difficultés. Comme l’écrit De Gaulle dans ses mémoires, pour me représenter à l’intérieur et y diriger nos services, mais aussi pour préparer partout la confirmation ou la substitution des autorités, il me fallait quelqu’un du type grand fonctionnaire qui eût pris part à notre combat, en connût les données passionnées et enchevêtrées, mais n’appartint pas en propre à aucune tendance et fût, au surplus, capable de rallier au moment voulu l’administration dont le gouvernement aurait prochainement besoins » . Cet homme doué de qualités multiples ce fut finalement Emile Bollaert que le Général De Gaulle choisit comme son représentant et comme délégué du comité de libération nationale .  » Ses sentiments et ses capacités le qualifia pour le poste auquel je l’appelais à présent ». Sous la plume du chef de la France libre, n’est ce pas le plus bel éloge rendu à celui dont le souvenir nous rassemble aujourd’hui?

Il lui manquerait cependant l’auréole que son martyre associe au visage meurtrie de Jean Moulin. Mais lui aussi, Emile Bollaert, avec son compagnon Pierre Brossolette, a connu les coups et les sévices de la Gestapo. Alors que tous deux se risquaient à rejoindre Londres à travers un océan déchaîné, le naufrage de leur fragile esquif les a finalement jetés entre les mains de l’ennemi. A Rennes puis à Paris, ils ont eu à subir les mêmes interrogatoires et les mêmes tortures que Jean Moulin. Ils ont jamais trahi. Brossolette pour mieux se taire, choisit une évasion mortelle. Bollaert, lui, sera déporté dans le pire des kommandos de Buchenwald, à Dora – Ellrich. Son compagnon et son ami le frère Birin en a décrit l’horreur sans aucune exagértion. Les brimades, les coups, la faim continue, la vermine, les pendaisons en musique, le travail exténuant dans le tunnel,le sadisme des kapos, la cruauté des SS, le monceau quotidien des cadavres jetés au crématoire, la répression sanglante et souvent mortelle des moindres écarts, c’est dans cette atmosphère hallucinante que notre ami et ses meilleurs compagnons, le frère Birin, Edmond Debeaumarché, Richard Pouzet, Paul Chandon-Moët, Robert de Voguë, le général de Jussieu Pontcarral, ont vécu pendant des mois interminables. Après quoi ce fut l’errance dans des wagons-bennes à ciel ouvert, sous la pluie, dans le froid, de Weimar à Bergen-Belsen. Mais qui donc dans cette misère et ce désarroi général, lors de la libération du camp par les britanniques va se dresser comme chef unanimement reconnu? Le même « grand préfet » que de Gaulle avait choisi pour le représenter naguère dans la France occupée, Emile Bollaert, il aura même encore le courage mais aussi la fierté, au lendemain de son retour à Paris, avec quelques uns , de ses camarades de défiler de l’Arc de Triomphe à la Concorde.

Il n’en reste pas là. Et c’est sans doute le plus admirable. Les souffrance et les avanies subies dans les camps de la mort n’ont pas brisé chez lui la volonté de vivre et de servir.

A peine remis de ses épreuves, le voici Commissaire de la République à Strasbourg. Il y travaille à la reconstruction de la France dévastée par la guerre et le pillage. Puis après un court séjour au Conseil de la République de 1946 à 1947, on le trouve Haut Commissaire en Indochine où il prépare le cessez le feu et l’Indépendance. Enfin, pendant plus de onze ans il va s’employer à réaliser les grandioses aménagements qui de Génissiat à Donzére-Mondragon, vont faire du Rhône une source abondante et rentable d’énergie.

D’autres on dit ou diront tout ce qu’on doit admirer de qualités intellectuelles et morales dans ce grand préfet. Ce que je retiens, c’est la grandeur de l’homme qui dans ces circonstances variées, ces épreuves sur humaines, n’a jamais désespéré, ne s’est jamais laisser aller, fidèle au poème de Kipling dont il faisait le modèle de son comportement:

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre
Et, te sentant haï sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,

Alors, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire,

Tu seras un Homme, mon fils.

Lorsque le 24 février 1946, Emile Bollaert faisait chevalier de la Légion d’honneur ce frère Birin dont à Dora, il avait admiré le courage, la générosité, « content de tout donner, content de tout sacrifier » il terminait son allocution par ces mots :

« j’ai lu quelque part ce trait de je ne sais quels personnage : il venait visiter les contagieux et prenait soins à l’entrée de retirer ses gants au moment où il serait prudent de les mettre. Le moment est venu pour ceux qui, comme Alfred Birin, ont le cœur haut placé, de retirer encore les gants de la prudence, de l’opportunisme et de tendre à la France malade leur main nue pour la relever et la guérir en lui redonnant confiance en son destin »

Puisse ce message d’un grand préfet, d’un grand Français être entendu encore aujourd’hui de tous les Français « 

 

Pour en savoir plus sur Émile Bollaert visitez le site de son fils : http://www.emile-bollaert.fr/

média

Émile Bollaert a écrit la préface du livre 16 mois de bagne- Buchenwald – Dora par le numéro n° 43 652
Alfred UNTEREINER, en religion Frère BIRIN

« J’ai lu ces pages, leur accent de sincérité m’a ému, j’ai cru revivre ces mois de dénuement total de Dora et d’ailleurs. Toute exagération est restée bannie de ce texte, parfois même il demeure au-dessous du vrai. La lecture de ce livre ne fait, en particulier, pas ressortir ce que le nom d’Alfred signifie pour des centaines d’anciens Dorassiens. Rares sont ceux qui connaissent le Frère Birin, des Écoles Chrétiennes, mais nul n’ignore Alfred de l’Arbeitsstatistik. Son menton proéminent était tout un programme : tenir tête. À son poste exposé, il tenait……. »

honneurs

Officier de chasseurs alpin pendant la guerre 1914-1918 ( croix de guerre :5 citations et légion d’honneur)

• Grand Croix de la Légion d’Honneur
• Compagnon de la Libération
– décret du 16 octobre 1945
• Croix de Guerre 14/18 (5 citations)
• Croix des TOE avec palme
• Médaille de la Résistance avec rosette.
• Croix du Combattant Volontaire de la Résistance
• Commandeur de l’Ordre des arts et Lettres
• Commandeur de l’Ordre des Palmes Académiques
• Officier du Mérite Agricole

• Médaille commémorative des Services volontaires dans la France libre
• Médaille de la Déportation et de l’Internement pour faits de Résistance
• Grand Croix de l’Ordre du Ouissam Alaouite (Maroc)
• Grand Croix de l’Ordre du Nicham Iftikar (Tunisie)
• Grand Croix de l’Ordre Royal du Cambodge
• Grand Croix de l’Ordre du Million d’Eléphant (Laos)
• Grand Croix de l’Ordre du Parasol Blanc (Laos)
• Commandeur de l’Ordre du Cèdre (Liban)

 

Sources

♦ archives Amicale Dora-Ellrich,

♦ plaquette de l’inauguration du monument parc de Parilly Lyon,

♦ Livre Mémorial de la Fondation I.264.

♦ site ordre de la Libération

♦ site du sénat 

plus d’info : http://www.emile-bollaert.fr/

Journal Officiel