DE SESMAISONS Jean

J de S, 20 ans, 04.45

Né le           01/06/1924    à    Touvois (44)

Pseudonyme : Bottin

Profession : St Cyrien, militaire

Situation familiale : Célibataire

Domicile :

Réseau maquis :

 Arrêté le : 8 février 1944,

 Prisons :  Fresnes Cellule 253;

Il est dans le convoi parti de  Compiègne  le 12 mai 1944    pour Buchenwald où il a le matricule 49415

 

parcours :

après un bref  passage à Dora  Jean de Sesmaisons est dans un transport pour Harzungen.

Devant l’avance des troupe alliées il est évacué le 4 avril à pied, il s’évade , le 12 il rencontre les troupes américaine et est rapatrié en avion au Bourget le 24 avril

Après le passage obligé au Lutétia et quelques mois de repos il reprends du service

Il choisit la légion étrangère

Il décède le 5 janvier 1948  à Ninh Hoa – Vietnam

Témoignage :

Texte de François de Sesmaison, Frére de Jean ( 2010)

( tous droits réservés)

 

Jean de SESMAISONS (1924-1948),

« Il n’y a d’aristocratie que du sacrifice. » (Albert Camus)

Jean de Sesmaisons naît le 1er juin 1924 en Vendée militaire à Touvois (Loire Atlantique sud) dans une famille aristocratique du pays nantais, dont chaque génération bretonne, puis française compte des militaires depuis le XIIe siècle. Son grand-père, sorti de Saint-Cyr, est le fils d’un général de corps d’armée, dont le père et le grand-père ont également passé le concours de Cyr.

Le père de Jean, croix de guerre 1914-18 et officier de la Légion d’honneur, maire et conseiller général de La Chapelle-sur-Erdre au nord de Nantes de la IIIe à la Ve R.F. et député de la IVe et de la Ve , est ancien combattant de 1914 à 1920, puis capitaine volontaire en 1939-40. Sa mère, Gräfin (comtesse) pour la Wehrmacht, agissant « avec une incroyable audace », sera décorée de la Croix de guerre 1939/45 et de la Légion d’honneur à titre militaire pour son action courageuse de 1940 à 1944 en faveur de personnes condamnées par l’Occupant ou incarcérées, et de leurs familles.

À l’automne 1943, la fratrie compte encore huit enfants mineurs ; Jean est le second.Bon élève persévérant d’établissements catholiques, dont l’abbaye bénédictine d’En-Calcat à Dourgne dans le Tarn qui le marque profondément et alimente ses réflexions durablement, et l’Externat des Enfants nantais à Nantes, l’adolescent sportif à lunettes est armé d’une bonne culture, amplifiée par sa boulimie de lectures variées mais sérieuses, et d’une foi -ouverte sur l’Autre- dont il entend faire sa ligne de conduite :

 « ce que j’aime, ce que je voudrais, c’est d’avoir le Christ ancré jusqu’au fond de moi-même et le vivre en chrétien mille pour mille si « 

Juin 1940, il a 16 ans.  « J’ai réalisé qu’il me fallait une discipline de vie basée sur la volonté de se perfectionner en soi et de vivre dans l’idée de Dieu. Le chrétien doit compléter l’homme. (…) Devenir une créature de force et de vie. »

20 Juillet 1942, 18 ans. Pétainiste sans le vouloir, il estime que,

« sans la guerre, nous en arriverions à un état de mollesse et de décrépitude généralisées »,

car, gaulliste sans le savoir,

« il faut que les gens aient un grand but qui est la patrie. Cela leur donne une raison de vivre un peu supérieure. Comme, malheureusement, l’existence des patries engendre souvent des guerres, c’est une raison de plus de se sentir vivre. D’un autre côté, les guerres amènent des maux nombreux, dont le moindre n’est peut-être pas la tendance au vol et au marché noir sous toutes ses formes. »

Après son 3e baccalauréat (mathématiques après philosophie) passé aussi avec mention bien, il prépare le concours de l’École militaire spéciale de Saint-Cyr chez les jésuites à Ginette à Versailles. Reçu du premier coup à dix-huit ans, âge ayant nécessité une dispense pour lui permettre de présenter le concours, il se retrouve à Aix-en-Provence, face à la montagne Sainte Victoire chère à Renoir. L’École -la Spé- a dû se replier par suite de l’armistice qui a coupé la France en deux : partie sud “libre“, côtes atlantiques et moitié nord occupées (55 % du territoire métropolitain).

Novembre 1942. Le débarquement américain-anglo-canadien du 8 en Afrique du Nord française entraînant immédiatement l’invasion allemande jusqu’à la Méditerranée, la promotion en détresse est baptisée Croix de Provence (CdP) avant de renvoyer les 350 jeunes, nommés caporaux-chefs, dans leur famille… sans leur donner la moindre directive.

« Déjà, lors de ce court (et bien désolant) séjour à Aix, il était connu pour son allant, son enthousiasme et sa générosité », montrant un « comportement exemplaire, je le répète.»

À chacun de décider ce qu’il doit entreprendre pour rester fidèle à sa promesse d’officier en devenir et au serment obligatoire prêté au maréchal Pétain.

Dilemme : rester ou partir ? intégrer un Chantier de la jeunesse française ou essayer de gagner le Maroc par l’Espagne ? attendre des ordres…qui ne viendront pas ? ou résister, mais où ? comment ? avec qui ?

« La vie n’est pas une recherche dans une prison aux murs glissants, mais une chose splendidement belle en fonction de “Droit mon chemin”,  une route très large, droite, droite (…). Peu importe l’issue, car il y a Dieu qui veille et je veux avoir la foi des conquérants (…), vivre vraiment un christianisme de choc, viril, dur, de soldat, mais lumineux, le plus de lumière, de chaleur, de vie. »

Plus est en nous

Jacques de Barry, Jean de Sesmaisons, futurs déportés, et Bernard Pierre-Duplaix, trois Croix de Provence, créent 185 rue de Grenelle à Paris VIIe un bureau de promo pour aider leurs camarades, les réunir, les orienter et diffuser un périodique de liaison, le Pékin Sans Bahut :

« la vie est une explosion de l’être, un flux mouvant et continu »,

écrit le vrai-faux étudiant à Sciences Po Paris qui adhère à l’ORA, Organisation de Résistance de l’Armée, après avoir hésité à partir pour l’Afrique du nord, mais il se range à l’avis de professeurs qu’il estime :

« si tout le monde part … »

En onze mois, de mars 1943 à son arrestation, Bottin, agent de liaison des généraux Verneau, puis Revers, parcourt 18 500 Kms en chemin de fer -lent, bondé et dangereux- au cours de quatorze missions recensées, sans compter une trentaine de Kms quotidiens à Paris en bicyclette, moyen plus sûr pour éviter ou dépister une filature que le métro ou l’autobus à plate-forme.

Échec ? oui ; et mat ? non. Ce 8 février 1944, un retardataire se fait attendre ; conformément aux règles de sécurité, Jacques oblige Jean à s’en aller et tient à rester, car le jeune arrive de Carmaux et n’a peut-être pas de point de chute. Pour ne pas laisser seul son ami ou le faire déguerpir, Jean fait demi-tour sur le pont d’Iéna. Trois SD, 7 qui ont déjà menotté Barry et Michel Froment, attendent à tout hasard dans la petite pièce sombre et froide du 3e étage, pistolet au poing.

Aux coups convenus frappés sur la porte, la souricière fonctionne : le battant s’ouvre pour se rabattre sur Jean, puis sur Richard Thoumin. Il est 16 h. 20. De toute manière, les SD seraient revenus : renseignés par une arrestation, la perquisition chez Maurice Duhil de Bénazé, radio du groupe Du Guesclin aux ordres du lieutenant Jean de Montangon, ancien instructeur à Aix, a fourni l’adresse de cette association un peu … spéciale d’anciens élèves de la Spéciale, ce que Jacques et Jean, deux amis inséparables, Castor et Pollux depuis Versailles, savaient depuis midi !

D’ailleurs, quand le général Revers revoit dix-huit mois plus tard Bottin, son Agent, « notre ancien major, un seigneur, un grand seigneur que je n’ai jamais oublié, il l’embrasse et lui dit : “je devrais vous mettre aux arrêts“.»

Les sbires nazis en manteaux de cuir les embarquent en traction avant dans une villa anonyme au n° 7 de l’impasse Malay-Stevens dans le XVIe. « Les gifles pleuvent. Elles sont appliquées avec force et nous étourdis-sent par moments, mais ce ne sont quand même pas les gifles savantes des SS que je découvrirai plus tard, qui assomment et jettent chaque fois la victime par terre », se souvient Thoumin sans peine. Les « terrorists » répondent sans rien dire aux questions ponctuées de coups sur fonds de cris atroces et de gémissements lugubres venant de la pièce à côté.

Jean est le seul à y être traîné à son tour : nu, pieds liés, mains menottées derrière le dos, ceinturon autour des bras tirés en arrière, c’est d’abord la schlag (qui lui laisse des traces indélébiles, mais moins profondes que celles des morsures de chiens bergers dressés à l’attaque des Sans nom !), puis la baignoire étouffante d’eau froide, sale, sanguinolente, sur laquelle surnagent des vomissures écoeurantes : deux minutes sous l’eau la première fois jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de bulles !…

Au long de ces séances interminables, un apôtre de leur cause sacrée, le lieutenant de Poix, 9 priait pour moi à côté. Le tortionnaire, Français de l’est et futur déporté, ramène enfin Jean, claquant des dents et tremblant de la tête au pied des heures durant ; en lui tendant un verre d’alcool, il lui fait un compliment d’expert ez-tortures : « Je n’en ai vu qu’un qui a tenu le coup comme toi, enseigne de vaisseau. »

 « J’avais dit que je ne parlerais pas, je n’ai pas parlé,« 

confie Jean plus tard avec simplicité, marque de la véritable humilité.

49 415

Après la Cellule 253 de Fresnes dans le noir hivernal sans électricité et le silence seulement interrompu par les interrogatoires répétés rue des Saussaies, l’attente au Frontstalag 122 de Royallieu à Compiègne se termine le 12 mai 1944 après cinq semaines, qui semblent autant de mois, dans un wagon à bestiaux. Les condamnés sans condamnation sont transférés sans savoir ni vers quelle destination, ni pour quelle durée.

À la gare de La Chapelle,

« on embarque à coups de triques. Soif. Rien à manger. L’atmosphère nauséabonde devient irrespirable. Chaleur terrible. Soif. Je mâche ma salive toute la seconde nuit, enseveli sous des jambes, des bras, des têtes. Un homme  meurt dans mes bras. Je perds connaissance, je divague. Que j’ai soif ! Des camarades me sauvent la vie en m’empêchant de tomber à l’arrivée »

le 14 mai.

Où ? Ils vont vite apprendre qu’il s’agit du célèbre camp de concentration créé en 1937 dans un « bois de hêtres » à dix Kms au nord-ouest de Weimar : mützen ab, Schweinren, découvrez-vous, cochons, en entrant au Konzentrationslager (KZ) de Buchenwald, où le Résistant déporté “fête“ ses vingt ans, puis est envoyé dans le Harz thuringien près de Nordhausen aux KZ de Wieda et de Nüxei, à l’Arbeitslager (camp de travail) de DORA le 29 juillet pour un mois pour “finir“ au KZ d’Harzungen, près d’un gai village rural aux yeux et aux oreilles fermés. De là, il travaille près de Niedersachswerfen, ou à Ellrich,

« où on commence à beaucoup mourir »

durant le terrible hiver 1944-45.
Nous pourrions écrire une page par jour, toujours pareille et pourtant jamais la même. Citons seulement in fine une biographie non exhaustive d’ouvrages traitant de cet Untermensch, sous-homme, référencé  49 415, qui permet de suivre facilement au plan administratif et sans état d’âme jedes Stück, chaque pièce, parmi des dizaines de milliers d’Européens NN, Nacht und Nabel, précipités dans “la nuit et le brouillard“ par Heinrich Himmler.

Qu’est-ce à dire ? ces ohnename, ces sans nom, doivent disparaître lentement dans les bagnes de travaux forcés, en ne laissant pour trace que les cendres d’un four crématoire jetées au vent et sans qu’aucun d’entre eux puisse jamais témoigner de l’enfer subi.

Éphémérides.

« Buchenwald est commandé par des communistes allemands. Ceux-ci, en camp depuis 6-7 ans, avaient gardé leur idéal. Si certains étaient brutaux, ils restaient d’ordinaire justes et ne frappaient pas pour le plaisir. A Dora, c’étaient surtout des Tchèques; à Harzungen, du moins au début [de mon séjour, automne 1944], des Tziganes.

…….

Les SS dirigent (appels, rapport futur, etc, chiens-loups dressés) ; il faut les saluer respectueusement. Ils sont responsables de tout. Ils savent que les hommes sont de grands enfants, un peu des bêtes, qu’on les tient avec le fouet et la faim. Quelle satisfaction au moment du morceau de pain !

……..

Lorsque j’étais dans les tentes à Buchenwald, les Stubedienst [employés des bureaux] étaient communistes, ce qui ne les empêchait pas de manger abondamment et même sur les rations des autres. Très fatigué, j’ai perdu dix-huit kilos en quelques jours ! La dysenterie me prend de plus belle. Je me vide, je m’épuise, sans manger trois jours. Quinze fois par jour … et j’ai beaucoup de fièvre.

………

On s’imagine, on croit trop facilement que, s’il n’y avait pas eu les tortures, la vie eut peut-être été supportable, mais, pour le commun des mortels, sauf dans les grands massacres de la fin, elle était faite surtout de fatigue, de froid, de faim, de coups. Si au moins, le travail fini, nous avions pu être tranquilles de retour au camp. Il n’en était rien. C’était ma hantise. Vont-ils nous laisser tranquilles ? Causée par le travail, le travail trop dur, les appels, le manque de nourriture, certaines épidémies,le manque d’hygiène, la saleté, les poux, la fatigue vous jetait par terre dès que vous aviez une minute. Certains devaient aller au travail nus pieds. Mal habillés de bouts de chiffons cousus, de sacs de papier [les “chaussettes russes“], etc… »

« Même les dieux se disputent en vain contre la stupidité », a écrit un célèbre poète Allemand.

« Sadisme sans frein. Les chiens hurlant dans la montagne de Dora. Atrocités.                                                                              Je n’ai alors trouvé qu’une ressource : la prière. J’ai dit simplement : mon Dieu, seul, je ne peux rien. C’est à vous de me tirer de là. Moi, je marcherai, je lutterai de toutes mes forces, mais la victoire, elle, elle est entre vos mains. Jamais je n’eus une seconde de désespoir, mais parfois de lassitude, c’est tout. Le moral était fixé, il tiendra.

 

……..

Je communie deux fois par semaine. Plus souvent, je n’en suis pas digne. Fouilles infructueuses, car les minuscules hosties sont cachées dans le talon creusé de sa chaussure. Je peux aider certains camarades, surtout pour Pâques, akt qui est aussi grave qu’une opération caractérisée de sabotage. Faites que cela finisse, ô mon Dieu. Faites que la guerre avance. Faites qu’il crève beaucoup, beaucoup de boches. Je sais que cela n’est pas chrétien, mais, mon Dieu, je ne puis plus, je ne peux pas étendre ma charité à tous les hommes. J’ai déjà tant de peine à la donner à tous les Français. »

Laissons témoigner le 21 827 Jean Mialet. Fin août 1944 à Harzungen

 « il fait beau. Malgré ma lassitude et mon dégoût de tout, j’ai fini par fixer un rendez-vous à ce Jean de Sesmaisons dont Luc Clairin [38 078, Croix de Provence] m’a parlé. (…) Il est grand, il est maigre. Sa chemise, entrouverte à cause de la chaleur, laisse voir les os de la clavicule qui saillent à la base du cou. La pomme d’Adam est étrangement nette. Je ressens une grande pitié. Comme il a dû souffrir, cet homme ! Mais il y a une telle gentillesse sur ce visage qui sourit, une telle affabilité dans cette main qui se tend, que je tombe tout de suite sous le charme. Nous échangeons des propos qui (…) sont la manifestation d’un effort pour s’arracher à l’abjection du lieu. »

……..

« Sesmaisons n’a pas été et ne sera jamais marqué par le bagne. (…) Je jurerais qu’il vient de France en droite ligne, si le visage n’était aussi marqué par les épreuves. D’un seul coup, en face de ce gamin qui sourit, (…) qui resplendit des sentiments que j’ai jadis connus -affabilité, complaisance, dévouement, mais aussi cran et volonté-, je me sens repris par un monde oublié. (…) Sesmaisons est resté totalement Saint-cyrien. (…) »

…….

« Sa maigreur pourrait passer pour une sveltesse de cavalier. Il y a une fierté dans le port de la tête, incroyable en un tel lieu. Une vie ardente flambe dans son regard, derrière les lunettes. Et les lèvres, durement pincées quand elles ne sourient pas, disent d’une manière aveuglante la volonté qui ne lâche pas. Durant ces quelques minutes, je ressens presque jusqu’aux larmes le bonheur de trouver un homme qui a gardé intactes les idées et les rêves qui ont magnifié ma jeunesse. Je suis frappé surtout par la gentillesse et la bonne humeur de mon interlocuteur. Dans la désespérante atmosphère du camp, parmi ces gens qui ne sourient plus, parmi ces gens qui n’éclatent de rire que pour bafouer ou humilier les autres, je trouve enfin un être dont le regard et le sourire profond disent l’amour et la bienveillance. (…) Il rayonne de la joie profonde et pleine, la joie de la jeunesse éternelle. (…) Tous ceux qui le connaissent -et ils sont nombreux, je le sais- viennent chercher aide et réconfort près de lui. Tout le monde l’aime. L’entretien ne dure que quelques minutes, mais je me sens changé.»

Vraiment la vie compte pour bien peu.

Peut-être à cause de cela, faut-il en profiter au maximum. Trop de gens sont morts sous mes yeux.

C’est en janvier qu’arrivent les premiers transports d’évacués d’Auschwitz. Sept jours en wagons découverts sous la neige, sans manger, ni boire. On charrie les hommes à la brouette; brûlots de 300, 400 cadavres. Il va falloir réfléchir ensemble à ce que nous ferons pour nous en sortir. Les heures dans le vent, le froid, la neige, avec de mauvais “souliers“, sont dures.Mir is kalt, j’ai froid.

 

Le 4 avril, sans leur laisser le temps de prendre le brouet de soupe qui attend, 1 700 ou 1 800 déportés sont réunis en colonne par cinq -toujours- pour évacuer Harzungen… huit heures plus tard.

Nous allons marcher sept jours, couchant le soir dans des granges (quelques patates), la faim au ventre : des Russes sont tués à l’attaque de silos ; pissenlits, escargots, betteraves, pommes de terre crues, légumes pourris. Les gens nous regardent passer, étonnés, apeurés. Nombreux bombardements dans le lointain. On tient le coup. Certains lâchent pied.

Ils sont abattus par les gardes.

Après avoir parcouru environ 170 Kms, un pas après l’autre, péniblement, douloureusement, il s’évade. Beaucoup trop faible et affamé pour tenter l’aventure seul, il a persuadé Maurice Berrod, cuisinier, de sauter avec lui dans ce nouvel inconnu : s’ils échouent, ils seront fusillés.

Repris, heureusement par des gendarmes et non par leurs gardiens ou des SS, ils réitèrent leur évasion. Cachés le 12 avril dans un marécage, ils entendent des bruits de chenilles.

Mon Dieu, faites qu’ils ne soient pas russes !

Berrod monte sur un arbre, car Jean n’en a pas la force : surnommé Gandhi, il est maigre à faire peur. Ce sont eux, les Américains, la délivrance, enfin ! après 428 journées innommables. Welcome. Incroyable : le calvaire est terminé, fini, n i, mais pas pour tous !

Ah ! rien que de vivre et d’avoir les yeux ouverts, d’être vivant et de voir que le soleil est beau.

Le Rayé  synthétise d’un mot sa

« dernière impression de camps : des bêtes ! »

Joie et liberté

par l’héroïsme, dans l’amour.  La Joie jaillit de l’activité, de l’effort et, le plus souvent, de la lutte et de la victoire sur les difficultés surmontées. La vie est une explosion de l’être, un flux mouvant et continu.

Attendez!  On insiste.

Je ne veux pas rester. Pas question. À moi, la vie de soldat. Vive la France. Je suis décidé à lutter et à vaincre. Je voudrais tant que ma vie soit droite et s’élève, avec acharnement, passion et douceur.

Retour en vélo : environ 240 Kms en une semaine.

Le 24, tellement fatigué, claqué, je suis désigné ;

un bimoteur français le dépose au Bourget.

Hôtel Lutétia.

Accueil inoubliable partout. Petites infirmières de France, rouge aux lèvres, sourires de France. Champs Élysée, arbres, fleurs. Retrouvailles. Émotions. Bonheur, bain, repos, joie folle. On dort mal dans un lit trop moelleux………….

Vivre pour soi est tellement vain,

même quand on est ressorti des griffes destructrices d’Hadès.

Trois-quatre mois de repos : bien. Ensuite au travail dès le 23 août.

« Il est le premier à reprendre du service », constate Thoumin. Voici le sous-lieutenant ordonnance de son premier chef, le général Revers (Chef d’état-major général en mars 1947) à l’hôtel Matignon, avant de rejoindre aux Invalides le cabinet du général Renaud, adjoint du Gouverneur militaire de Paris.

Quel bilan après deux mois et demi dans ces états-majors ?

j’ai peu appris dans les bureaux, si ce n’est beaucoup de choses à ne pas faire. Maintenant que je considère ma vie en Allemagne avec un peu de recul, je la trouve encore plus odieuse. Il s’était créé en nous une sorte d’anesthésie de la souffrance. Nous réagissions en Häftling [détenu] et non plus en homme. «

 

Ils s’instruisent pour vaincre » : trois nouveaux camps attendent Jean pour suivre sa formation d’officier biffin du 8 novembre 1945 à fin avril 1947 : le Ruchard à trente “bornes” de Tours avant Coëtquidan dans les landes du Morbihan près de …Guer, puis Auvours proche du Mans.

Entré 104e sur 365 à Cyr, il en sort 10e sur 267, major, diplômé en anglais, un des rares parachu- tistes, et lieutenant à compter du 25 mars 1944. 12

Ceci va me forcer à travailler encore plus. Noblesse oblige. Si je dois avoir une compagnie quand j’arriverai dans un régiment, je ne veux pas déchoir.

Voici livrée la motivation clef de comportements récurrents.

Les jours se suivent, parfois longs. Nous forgeons l’avenir, tandis que, chaque jour, des Français tombent sous les balles du Vietminh. La vie militaire est assez réglée. On travaille beaucoup ! Du matin au soir, on court, on s’affaire, on monte à cheval, on va très vite d’un point où on ne fait rien à un autre point où on ne fait pas grand chose, tout en ayant l’air constamment très occupé ! Le dégagement du 2 décembre 1946, ( reconstitution costumée de la victoire sur les Autrichiens et les Russes ce jour-là en 1805,) m’a pris aussi beaucoup de temps. (…) Les types ont été contents. Napoléon, mécontent du manque d’enthousiasme des troupes, redescend à Auvours une journée, escorté de brillants cavaliers. Harangue, amphi Austerlitz. L’Empereur, c’était moi … sans lunettes,

honneur envié, gloire éphémère où, coiffé d’un bicorne impérial et monté sur un cheval blanc comme il se doit, “ses troupes” firent le meilleur effet.

On veut décidément que je lui ressemble. J’ai été plus mitraillé que Mr Bidault sortant du conseil des ministres. Ce n’est pas une référence.

…..

J’ai encore l’Indochine à reprendre (sic). Pas de temps à perdre.

Il choisit la Légion étrangère.

Aller de l’avant. Aux trois qualités-poutres découvertes à Dora -VOLONTÉ, RÉFLEXION, AUDACE- j’en ai ajouté une : le COEUR. J’ai essayé d’être bon, j’ai souvent échoué. À des détails, j’ai compris cependant que sans rien perdre ailleurs, je m’enrichissais infiniment plus. J’ai connu une joie plus détendue. Sans orgueil, mais avec fierté, ne pas oublier que je suis un aristocrate,

ce qui crée non des droits ou des attitudes, mais des devoirs.
Devenir plus

Sidi bel-Abbès au sud d’Oran/Ouahran en Algérie le retient jusqu’au 10 novembre. La Légion ne le déçoit pas :

je la découvre, elle cache bien des désespoirs et bien des peines, elle est grande et “irrégulière”.

Le 30 août, le Croix de Provence revenu du Styx note avec une nouvelle prémonition :

il me semble que je ne vivrai pas longtemps.

« Jeune Saint Cyrien qui a brillamment réussi à Auvours et à Coëtquidan, officier de très grande classe et d’avenir, aux énormes qualités morales », Jean ne déçoit pas non plus la Légion. Le colonel Gaultier note que son subalterne « a de sérieuses connaissances théoriques, se perfectionne chaque jour quant à la pratique et a fait un stage très profitable au bataillon d’instruction des cadres et spé- cialistes du DCRE, Département commun des régiments étrangers. Aujourd’hui excellent officier de Légion, sera demain parfait.»

La difficulté était maîtresse, elle m’a fait homme. Quelle plus grande joie que de vaincre ? Quelle période plus passionnante … après coup, que celle que je viens de vivre ?

Son capitaine à Auvours, puis son colonel à Sidi-bel-Abbès, ne s’y trompent pas. Ils notent que, « mûri par les camps de concentration, [il] en a ramené le goût de l’humain avec tendance à l’indulgence. »

Bravo.

Chacun de nous court après une idée.  C’est ainsi qu’une idée, parfois raisonnée, finit par faire corps avec l’homme … Quelle est donc la mienne? Le sais-je? Je cherche sans cesse… Sans orgueil et sans illusions, comprenons chacun ce que nous sommes et ce que nous voulons. Je pars ainsi vers un avenir inconnu, infiniment prometteur, peut-être sombre, certainement passionnant, avec quelques images et pensées maîtresses. Étendant mon horizon, je m’avoue que je suis bien peu de choses et je veux devenir plus. 14 Que Dieu fasse de moi un homme ardent et droit, toujours prêt à servir ! Mon âme à Dieu, mon épée à la France, mon corps à la terre, l’honneur à moi …

Soul’s joy

Je vois la mort très en face,

notait Jean à la veille de ses dix-sept ans.

Je voudrais mourir, même jeune, comme Guynemer,15 sans avoir eu le temps de salir ma vie. (…) De toute façon, comme devise: “the soul’s joice lies in doing“ (la joie de l’âme réside dans l’action),

pense-t-il à seize comme à vingt-trois ans.

Ami, la joie ! Nous sommes jeunes ! Et la vie est grande ouverte devant nous, celle-ci et l’autre par derrière qui n’a aucune fin,

écrit-il de Saigon à un ancien déporté.

Je ne veux penser qu’à la bagarre, sans trop réfléchir à cette énorme indifférence de la France à l’égard de ceux qui luttent et tombent là-bas depuis deux ans. Je pense que l’Indochine a besoin de nous, d’hommes décidés et je me raidis contre toutes les désillusions futures et je rêve d’embuscades, de pacification et d’organisation en grand à la Lyautey que j’ai définitivement choisi pour maître. Le désordre actuel de la France est ma seule raison d’inquiétude [sic].

Arrivé à Saigon en Cochinchine (Nam bô) au sud du Viêtnam le 7 décembre, le lieutenant au képi noir à liserés vert et rouge, espoir et sang, est affecté au 2e REI, Régiment étranger d’infanterie. Son 3e bataillon est basé à Nha Trang en Annam (Trung bô) ; le sous-secteur de Vangia, alias Van Ninh, en a été confié à la 11e Compagnie, dont la responsabilité doit être donnée mi-janvier à Jean.

Il ne ressent qu’une seule inquiétude :

ne pas être à la hauteur de ma tâche. Il paraît que j’ai de la chance : la compagnie a une réputation excellente, le quartier aussi .

Un mois plus tard, on lit dans une “lettre de ses camarades“ que « Sesmaisons a été choisi malgré son jeune âge et son inexpérience pour prendre le commandement d’une compagnie et assurer en même temps la charge de Commandant de quartier et de Délégué administratif. [Parvenu à destination le 18 décembre], on avait vite jugé de sa valeur à la façon dont il s’était adapté à la situation, assimilant rapidement le fruit de nos deux années d’expérience.»

À Van Gia,

notre mission militaire est de couper la ligne de communication viet Nord-Sud qui passe au pied de la montagne et les empêcher de se ravitailler en riz dans les villages que nous con- trôlons, qui sont en ce moment en pleine récolte du paddy.

C’est de cela dont il s’agit aujourd’hui, lundi 5 janvier 1948. « Leur point de passage obligé était le lieu dit HO CHIM, ne figurant pas sur nos cartes (…). Nous connaissions parfaitement cet endroit, objectif régulier de patrouilles et d’opérations plus importantes, car il servait parfois de gîte d’étape », précise Bilhou-Nabéra.

Je voudrais un bon accrochage, un bon succès sur le Viêt-minh, pour donner à mes hommes, aux anciens arrivés depuis longtemps en Indochine [vingt deux mois au plus], une entière confiance en leur chef,

dit Jean au lieutenant Nos avant de partir exploiter un renseignement. Voulant faire ses preuves, il prend la tête de la colonne « étant donné son habitude de ce terrain », l’entreprenant arrivant l’ayant découvert rapidement par ses patrouilles presque quotidiennes.

« Les Légionnaires marchent depuis environ deux heures. A l’instant où l’avant-garde de la colonne déployée de front arrive dans une sorte de clairière naturelle, une bombe explose en tête, des coups de feu claquent, mais personne n’est touché. Lacaze et Sesmaisons se précipitent, tout le détachement se met à courir dans la direction supposée de l’ennemi. Deux FM [fusils-mitrailleurs] ouvrent le feu.» Une mine envoie le lieutenant Lemaire à terre, la partie droite de la gorge ouverte et une artère touchée ; un soldat, ancien infirmier de la Wehrmacht, le sauve avec un …cailloux.

Le lieutenant eurasien Jeannou Lacaze est “envoyé au tapis“ par une balle qui lui fait une “blessure propre”, c’est-à-dire un trou rond sous le cœur, déviée par une côte vers l’abdomen. T’en fais pas, mon vieux, ne bouge pas, je viens te chercher ; « dernier symbole de ses vertus d’abnégation », écrit un camarade. Jean bondit. Excuse-moi… Un FM japonais à tir rapide et petites balles brise son élan et sa vie en vol, lui causant une profonde éraflure au visage, une plaie dans la joue qui saigne beaucoup en l’empêchant de parler et une au foie, celle-ci causant une blessure alors mortelle.

Le sergent Lopez, ancien de la guerre civile espagnole, n’écoute lui aussi que son devoir. Il est mortellement blessé de quatre balles dans la tête en voulant ramener à couvert ses lieutenants. Actes inutiles ? héroïques ? Chez ces « fanas mili’ », l’héroïsme est un stoïcisme sobre, désincarné. Il convient de se hisser au-dessus de la peur, de la douleur, d’être à la hauteur, d’être un exemple, attitude longuement étudiée, devenue inhérente. Elle se traduit par le mot ou l’acte sponta- né qui convient, au moment opportun. Cette admirable imprégnation de soi-même est cependant anachronique ; c’est un art aristocratique du comportement, le panache rêvé, le luxe du “beau geste“généreux, gratuit, mélange d’inné et d’éthique acquise, qui devient une forme d’esthétisme.

L’ordonnance de Jean se précipite et appelle en allemand à la rescousse un camarade. Le blessé se laisse traîner, déshabiller et panser sans se plaindre ou gémir, ni émettre la moindre commisération sur son état ou son sort. 16 Après une piqûre de morphine, ces deux soldats allemands le portent dans un brancard-hamac.

L’adjudant-chef italien Palmas se rappelle clairement que son lieutenant est mort près d’un abri en paillote couvrant un pédalier d’irrigation au bord d’un arroyo d’eau vive. « Il s’éteignit à 16 h. 20 [heure locale]. Je puis vous assurer qu’il est mort en chrétien, faisant le sacrifice de sa vie à son Dieu et à sa patrie. Son visage était tout à fait serein et il ne paraissait pas avoir souffert », note Nos.

Ayant lâché prise sans regret, l’officier a rejoint les étoiles à 23 ans et demi …à huit mois de plus que Guynemer.

Sa première guerre a duré vingt-cinq mois, la seconde dix-huit jours.

Si le dernier don de Jean de Sesmaisons n’a pas servi à Jean Lacaze, sa mort sauve le futur général d’armée et chef d’état-major général. Elle permet en effet de transporter ce grand blessé, qui souffre beaucoup (à l’asiatique, sans rien dire ni se plaindre), sur le brancard unique du détachement, évitant que ses plaies continuent de s’aggraver en marchant, alors que ses forces faiblissent si rapidement qu’il est certain de ne pas parvenir jusqu’à Van Gia avec un bambou pour seul appui.
Jean de Sesmaisons, “le millième homme“ de Rudyard Kipling – qui « avec toi, recule jusqu’à la potence et peut-être après »- selon Jean Mialet, a été décoré de la Croix de guerre 1939/45, des médailles de la Résistance, des déportés Résistants et des Évadés, distinctions qu’il ne mentionne nulle part, auxquelles s’ajoutent la médaille des Volontaires et, à titre posthume, les croix des Théâtres d’opérations extérieures (TOE) et de chevalier de la Légion d’Honneur.

In memoriam… Un poste militaire en Annam, une épreuve d’obstacles au concours hippique de La Flèche, dont il n’était pas ancien élève, ou un casernement de la Légion à Corté en Corse ont porté le souvenir du Lieutenant de Sesmaisons.

Aujourd’hui, 62 ans après sa mort, son patronyme demeure inscrit en lettres d’or sur la crypte sacrée de la Légion à Aubagne et parmi les 34 798 noms de la nécropole du Mémorial de Fréjus ; qui plus est, il a été donné au PC de la Compagnie de commandement du 2e R.E.I. à Nîmes, et à une rue à Nantes nord-ouest, limitrophe de La Chapelle-sur-Erdre.

Provence (sans croix !), août 2010 – François de Sesmaisons,

docteur en histoire, dernier frère de Jean.

 

 

  1. Claude PAILLAT, L’Occupation, *Le pillage de la France, juin 1940-nov. 1942, p. 375.
  2.  Les phrases en italique sont des textes INÉDITS de Jean de Sesmaisons (lettres ou notes personnelles).
  3.  Mot souligné par l’épistolier, le général Bernard Deschard, CdP.
  4. Devise donnée par François Ier au chevalier Jacques de S., aïeul direct, à Pavie en Lombardie le 24 février 1535.
  5. Noté en exergue de son carnet de réflexions, Jean fait adopter pour devise à sa promotion cet apophtegme du général Charles Huntziger, ministre de la guerre du 6.09.1940 à sa mort dans un accident d’avion le 12 11.1941 à 61 ans.
  6.  7e CdP tué au maquis, il est fusillé le 20 novembre 1944 au fort de Lomont.
  7.  SD, Sicherheitdienst, Service de sécurité du Reich.
  8. Lettre de l’ancien capitaine Robert Bataille, CdP qui dut faire partie de la commission d’épuration de ses paires.
  9.  Jacques Thyrel de Poix revient de Neuengamme en 1945, trop épuisé pour survivre.
  10.  Il s’agit certainement du lieutenant de vaisseau Henri (de Lavallée de Rarécourt) de Pimodan, membre de l’ORA, trahi, arrêté le 5 février 1944 et mort à Ludwiglust le 18 avril 1945.
  11.  J.-C. Friedrich von SCHILLER (1759-1805), La pucelle d’Orléans.
  12. Depuis sa première Promotion de 1803, l’École Spéciale Militaire de Saint-Cyr n’a probablement pas connu de sous- lieutenant de 18 printemps, ni de lieutenant de 19 ans !
  13. La grande fête de l’École militaire fondée par le Premier Consul Buonaparte en 1802 (et installée à l’école de Mme de Maintenon à Saint-Cyr de 1808 à 1940) commémore la “Bataille des trois empereurs”, remportée par Napoléon à Austerlitz en Moravie (i.e. Slavkov près de Brno en Tchéquie), où tombent les premiers officiers cyrards.
  14.  mots soulignés par Jean.
  15. Georges Guynemer (1894-1917), aviateur (21 citations en trois ans), commande “l’escadrille des Cigognes“ quand il disparaît au-dessus de la Belgique, corps et biens, à 22 ans ¾ après 54 victoires aériennes.
  16. Le déroulement du 5 janvier est relaté selon les rapports établis alors et les informations fournies par les généraux Bilhou-Nabéra, Lemaire, Lacaze et Nos, ainsi que par les légionnaires Fredrich Doge et Kleinholz. Mercis à eux.
  17. Le lieutenant Bilhou-Nabéra écrit le 27 janvier 1948 : « Sesmaisons est resté très calme et lucide jusqu’au bout et n’a cessé de s’enquérir des phases du combat et de ses résultats. (…) Malgré le peu de temps qu’il avait passé avec nous [18 jours], il avait su gagner la sympathie des cadres et des légionnaires.»

 

Bibliographie non exhaustive concernant Jean de Sesmaisons :

  • François-Marie ALGOUD, 1 600 jeunes saints, jeunes témoins …, Éd. de Chiré (86), 1994, p. 270-272. L’Avenir de l’Ouest, & L’Éclair, 21.10.1950. (J. de BARRY et alta),
  • Mémorial de la promotion Croix de Provence, 1950, p. 3, 32-4, 49-51, 83, 103-5, photo.
  • Laurent BECCARIA, Hélie de Saint Marc, Paris, Libr. académique Perrin, 1989, p. 41.
  • Colonel Michel CAMUS, Histoire des Saint-Cyriens, Paris, Lavauzelle, 1980, p. 299.
  • Colonel Augustin de DAINVILLE, L’ORA, la Résistacne de l’Armée…, Paris, Lavauzelle, 1974, p. 200-201.
  • René HAËNTJENS, Au delà de l’imaginable, Un Saint Cyrien dans la Résistance et la déportation, Vanier (Ontario, Canada), Éd. L’Interligne, sans date (1994).
  • JOURNAL de marche de la 11e Compagnie du 3e Bataillon du 2e Régiment Étranger d’Infanterie du 20 décem- bre 1947 au 10 janvier 1948.
  • Jean MIALET, Les Rayés (tapuscrit rédigé en 1945-47), Le déporté (Laffont, 1981), La Haine et le Pardon- Le déporté, Paris, Laffont, 1997, p. 25, 182-186, 190, 206, 209-10, 214, 217-222, 226-242, 253-254, 259, 262.
  • Cdt Jean de MONTANGON, Un Saint-Cyrien des années 40, France-Empire, 1987, p. 49, 74, 96, 244 et photo. Ouest France & Résistance de l’Ouest, 12.11.1945 et 21.10.1950.
  • Antoine RÉDIER, Debout les vivants! Nos morts d’Indochine et de Corée vous parlent, Paris, Nlles Éditions latines, 1948 p. 228-229; 1954 p. 226 à 232 avec photo p. 80.
  • Général André ROGERIE, Vivre, c’est vaincre, 1946, rééd. 1992, Maulévrier (49), Hérault-Éditions, p. 94.
  • André SELLIER, Histoire du camp de Dora, Paris, La Découverte, 1998 p. 128, 202-3, 210-11, 213, 357, 360.
  • François de SESMAISONS, Le millième Homme, tapuscrit à paraître. • JEAN DE SESMAISONS, – correspondances avec sa famille et des amis, en particulier Jacques de Barry ;
  • – dossier personnel, Archives du Service Historique de l’Armée de Terre à Vincennes ;
  • – Journal, 1er sept. 1940 à 13 nov. 1943, complété en mai/juin 45 pour les mois de février 1944 à avril 45 ;
  • – “Plus est en nous“. France d’abord, carnet de notes personnelles ;
  • – Pékin de Bahut, 1943-44, suivi de Croix de Provence, 1945-47.
  • Richard THOUMIN, Ein laûs dien Tod (Un pou, ta mort), Souvenirs écrits de 1978 à 1980, inédit.

média :


J de S, 20 ans, 04.45SESMAISON juin 4749 415 rayé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

honneurs :

Sources :

archives familiales

archives Amicale Dora Ellrich,

Livre Mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

mémorial de St Cyr

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations, photos…. dont vous disposez (en indiquant vos sources).

 

 

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