Harzungen

Fondé le 1er avril 1944 comme kommando de Buchenwald, il devient le 28 octobre 1944, le troisième des plus grands kommando avec 4 009 prisonniers (1er novembre 1944)  du camp de concentration de Mittelbau.

En juin 1944, la construction d’Harzungen est terminée. Harzungen (ou Hans) camp satellite de Dora, au même titre qu’Ellrich, est comme celui-ci, un dortoir, mais un petit camp où l’effectif ne dépassa jamais 4000 détenus.
Le 2 avril 1944, il y a 617 détenus à Harzungen. Après un bref arrêt à Dora, autours du 11 mai, arrive un convoi de 600 tziganes. En même temps se mêlent des arrivants polonais, russes, français, belges, etc. Le camp comptait 14 baraques dont 10 blocs pour le logement des détenus, 2 pour le revier et enfin 2 autres pour les gardiens. Ces derniers sont dans un premier temps des SS puis des soldats de la Luftwaffe.
Harzungen peut alors accueillir jusqu’à 4000 détenus. Un ruisseau traverse enfin le camp. Pour se rendre aux chantiers, les déportés étaient transportés en camions militaires puis en tracteurs avec des remorques et enfin dès août 1944, en train. En février 1945, le charbon se fait rare et les déportés doivent rejoindre leur kommando de travail à pied, sur 10km.
Comme dans tous les camps, les témoignages des rescapés sont très divers. Cependant, beaucoup s’accordent à dire qu’ils eurent certes à subir des travaux en extérieur très pénibles mais rencontrèrent aussi une vie au camp relativement moins dure que dans d’autres camps. Ainsi, ils échappèrent aux violences gratuites et aux appels interminables.
De plus, ils réussirent à entretenir une certaine hygiène dans les blocks de sorte à éviter jusque début 1945 la prolifération des poux. Egalement, l’approvisionnement se fit régulièrement. Le commandant du camp est lui-même plutôt libéral puisqu’il autorise la célébration de la messe de Noël en 1944.

Ces traitements sont à nuancés avec la dureté des conditions de travail pour le creusement des souterrains : efforts physiques intenses pendant plus de 8 heures, hommes arc-boutés, échafaudages en équilibre menant régulièrement à des chutes, éboulis de pierre,… La poussière était stagnante dans les tunnels, l’air est irrespirable. S’enchaînent alors : tuberculose, silicose, pleurésies, intoxications du sang, furoncle, anthrax, œdèmes?
Le revier était sous la direction de deux français. Comme dans de nombreux camps, l’équipe médicale était constituée de déportés. Ces derniers n’étaient généralement ni médecins ni infirmiers. Cette équipe comprend 18 infirmiers dont 4 français. Le revier permet une certaine pause dans le rythme aliénant d’Harzungen. L’équipe essai toujours d’aider aux mieux les détenus les plus en difficultés en les changeant de kommando, en les affectant au camp…
Dès l’hiver 1944, le camp est surpeuplé : la discipline est de plus en plus sévère, la situation sanitaire se dégrade, l’épuisement des déportés est à son comble, le froid pénètre les corps. Les transports de cadavres vers Dora est continu.
Le 5 avril 1945, l’ordre d’évacuation est donné. Deux convois furent formés : le premier était celui d’une des nombreuses marches de la mort, les déportés marchèrent pendant 10 jours jusque leurs libérations par les alliés.
Dans le second convoi, ferroviaire cette fois, s’entassèrent un millier de détenu dans des wagons et plates-formes. Le 10 avril, le train stoppa et les valides entamèrent une marche de 5km à destination de Bergen- Belsen. Les morts sont jetés dans des fourgons. Ceux qui n’arrivaient plus à suivre la cadence infernale étaient abattus et jetés dans le fossé. Les alliés arrivèrent le 15 avril
Jean Mialet a écrit « le Déporté, la haine et le pardon » qui comporte un témoignage sur Harzungen à partir de la mi août 1944

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