« Jugend für Dora » (JFD)

Présentation
Jügend fur Dora

« Jugend für Dora » (JFD) est une petite association d’étudiants et de jeunes adultes de la région de Nordhausen.

Elle a vu le jour pendant le 50ème anniversaire en 1995 à DORA : grâce au soutien et à l’attachement des anciens déportés, l’un d’entre eux ce jour-là a scellé le projet avec une jeune fille d’Ellrich, Dorothéa August.

La création

  18 juin, date symbole de l’année 1990 Cette année là, le Président François Mitterand avait décidé d’inviter à l’Elysée les représentants des Comités Internationaux des Camps de Concentration.

Les Comités s’étaient constitués peu après la fin de la guerre pour les camps Auschwitz, Buna-Monovitz, Buchenwald, Dachau, Mauthausen, Neuengamme, Natzwiller-Struthof, Ravensbrück, Sachsenhausen.

Il n’y en avait pas pour les camps de Dora, Ellrich, Harzungen et autres Kommandos.

Avec l’accord de Jean Mialet, du belge Albert Van Haye, du hollandais Albert Van Dijk, je rédigeai et déposai les statuts d’un comité international. Il prit le nom de Comité Européen Dora – Ellrich et Kommandos (K°) pour la Mémoire.

Dans ce comité, j’exerçai la fonction de secrétaire général. Cette position me mit dans l’obligation de revenir plusieurs fois en Allemagne au sein de voyages collectifs, contrairement à ma décision de ne jamais y retourner…

Ces voyages avaient pour but, selon les objets du Comité Européen, notamment la sauvegarde des vestiges de Dora et de son usine souterraine où furent montés les V1 et les V2, la sauvegarde des stèles et plaques commémoratives, des emplacements des cendres et des fours crématoires, des fosses communes ou des tombes… au besoin leur amélioration.

En avril 1995, dans la plaine en vis-à-vis des entrées du tunnel de Dora, une grande tente avait été dressée. Les participants déportés, familles et autres pouvaient y prendre les repas qui leur étaient offerts. Sur une vaste estrade intervenait qui le souhaitait : musicien, chanteur ou autre…

Je fus impressionné par la présence de jeunes et par l’attention particulière qu’ils portaient aux déportés les accompagnant, veillant à leur confort au cours de ces journées éprouvantes. J’eus l’idée de leur proposer par un appel au micro de se constituer en Association pour perpétuer le souvenir de cette période tragique quand nous aurions tous disparu. Ils seraient les témoins des témoins.

Suite à cet appel, une jeune fille Dorothéa August prit le micro et invita les jeunes présents à se joindre à elle.

Deux mois plus tard, dans une lettre en date du 23 juin, Dorothéa m’écrivait qu’elle avait réussi à regrouper quelques jeunes de 15 à 35 ans principalement d’Allemagne. En septembre je fus amené à l’encourager à poursuivre son action et m’engageai à ce que de jeunes français rejoignent son association.

En 1996, Dorothéa August écrivit à Jean Mialet la devise choisie pour l’association :  » Se Souvenir pour l’Avenir« .

En 2005 l’association est toujours active. Si je ne nomme pas ici tous les jeunes qui l’ont épaulée, c’est que je crains d’en oublier.

Jacques Brun

Activités

Leur raison d’être est, dans une grande amitié partagée, l’élaboration et la transmission de la Mémoire à toutes les générations, et spécialement la plus jeune dont ils font partie. Pour l’élaboration, ils vont, tout au long de l’année, poursuivre des recherches dans les archives du Mémorial de DORA, ou sur les sites du Camp et de ses Kommandos. Pour la transmission, ils vont organiser des rencontres, des voyages,… et publier des brochures qui rendent compte de leurs travaux.

Depuis quelques années (2002) ils abordent les questions d’aujourd’hui telles que la tolérance, la xénophobie,… et cherchent à les relier à leur travail sur la Mémoire en se plaçant à différents niveaux : la personne, la communauté (village), la société dans son ensemble.

Depuis 1996, JFD organise en Août un camp d’été international d’une dizaine de jours avec des étudiants de toute l’Europe. Chaque année a un thème de travail différent : exhumer des vestiges de blocks, recenser les blocks de Dora, baliser (avec de grands « mobiles » qui n’ont donc pas pu rester) les limites du Camp d’Ellrich,… En 2003, le camp d’été a tracé sur les trottoirs de Nordhausen trois « lignes roses » partant de trois quartiers périphériques de la ville et convergeant vers le Mémorial du Cimetière d’Honneur de la Boelcke-Kaserne. Selon leur âge, les passants qui les voyaient faire avaient des réactions bien différentes !… élaboration et transmission…

L’après midi, on va se promener un peu, et le soir, à l’Auberge de Jeunesse, concours de cuisines régionales européennes, chansons,…

Sur dix ans, JFD a fait trois voyages en France :

– L’été 1999 ils ont visité à Wizernes « La Coupole », en Normandie les sites du Débarquement et le Mémorial de Caen, enfin Paris.

– Fin Septembre 2003, une quinzaine d’entre eux ont visité le Sud-Est sur les thèmes de la résistance des maquis, des filières d’évasion vers l’Espagne,… : Grenoble et le Vercors, le Camp des Milles à Aix en Provence, et Marseille : les rafles de Juifs, la destruction du Vieux Port, le Débarquement de Provence…

– En Mai 2004, ils étaient douze à visiter le Mémorial de Natzwiller / Struthof en Alsace, et la ligne Maginot.

Depuis ses débuts, JFD poursuit l’interview d’anciens déportés à Mittelbau-Dora de l’Europe entière.

L’entretien révèle la vie quotidienne du camp de concentration, l’horreur, la mort ; mais aussi les différentes façons de la résistance des détenus.

Parmi ces anciens, ils en ont rencontré beaucoup originaires de l’Europe de l’Est. Leurs témoignages ont aussi évoqué la guerre sur ce front de l’Est, les conditions de l’occupation allemande qui a gravement affecté toutes les familles.

Mais en définitive, le plus important était bien – est encore – d’avoir la chance de faire leur connaissance, de passer un peu de temps avec eux les survivants, de leur parler et qu’ils parlent !

Ces dernières années, les projets sont devenus de plus en plus complexes pour la recherche des structures et de l’histoire de la guerre en général, et des liens avec les problèmes sociaux d’aujourd’hui.

Dans cet esprit, JFD a organisé en 2002 un Séminaire « être inconnu – ou étranger – à Ellrich ». Sur l’exemple de la petite ville d’Ellrich, on a parlé et discuté de la vie quotidienne d’une personne déplacée, réfugiée ou seulement immigrée, dans une petite ville allemande ; quelle connaissance la population a-t-elle de ces situations et quelle attention y porte-t-elle ? Quelles dispositions devrait-on prendre au niveau du village, ou du Land, pour favoriser une meilleure intégration ?

JFD a repris le travail avec un deuxième séminaire en Août 2004, année où, faute de support financier, le camp d’été n’avait pas pu avoir lieu.

La réflexion d’ensemble sur ces thèmes a été rassemblée pendant le camp de cet été 2005 qui était aussi le 10ème anniversaire de l’Association.

JFD, avec des participants de toute l’Europe, a écrit monté, et joué le 27 Août, dans la grande salle du nouveau Mémorial de DORA un mime de 45 minutes, « THE PRESENT » : depuis l’innocence de la naissance, l’homme se structure progressivement ; comment le citoyen va-t-il changer – ou ne pas changer – quand lui est transmise la Mémoire des camps de concentration ?

Nous souhaitons une longue route à Jugend für Dora !

 

 Contact JFD pour l’Amicale : Philippe Reyx

média

Jugend fur Dora discussion de projet

jugend fur Dora au centre Dorothéa August

jUGEND FUR DORA

Jugend fur Dora Dégagement de vestige
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