REYX Michel


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Né le
       le 14 Février 1917 à Saint-Vérain-en-Puisaye, Nièvre            

Pseudonyme : Imperator

Profession : Officier, St Cyr 1936-38

Situation familiale : Marié – 4 enfants

Domicile :

Réseau maquis : ORA, Samson, S.R. Air, Groupe Jade, Agent P2

 Arrêté le : 11 Août 1944 à Paris

 Prisons : Fresnes

Il est dans le convoi parti de  Pantin le 15 août 1944   pour Buchenwald où il a le matricule 77 712

 

parcours :

le 3 Septembre 1944 il est  transféré  à DORA

le 6  septembre il est transféré au camp  d’ELLRICH-JULIUSHÜTTE

le 12 Février 1945 il est dispensé de travail et sans vêtement (« ohne Kleidung »)

le 3 Mars 1945 Michel Reyx est évacué d’ELLRICH dans le Transport de 1602 malades arrivés le même jour à la Boelcke-Kaserne de Nordhausen

On perd sa trace ; il aurait embarqué (?) le 6 Mars dans le Transport de 2252 détenus, de la Boelcke-Kaserne à Bergen-Belsen

Il est déclaré disparu

Témoignage :

(Tous droits réservés)

Par   Mr REYX Philippe, fils  de Michel

Michel naît le 14 Février 1917 à Saint-Vérain-en-Puisaye, Nièvre. Après sa scolarité à Montluçon, il prépare au Prytanée Militaire de La Flèche (Sarthe) l’entrée à Saint-Cyr qu’il intègre dans la Promotion « Soldat Inconnu » 1936-38. Il parlait l’allemand. Le 27 Mai 1939 il épouse au Mans Jacqueline Provost (+) ; de leur union naîtront quatre enfants, Philippe Danièle Odile et Françoise.

Sous-Lieutenant au 68ème BCA  (1), il participe aux combats de 1940. Blessé le 12 Juin sans gravité à Acy-en-Multien (Oise), il est cité à l’ordre du Régiment, puis de l’Armée.

Sorti rétabli de l’Hôpital de Dax (Landes) et fidèle à sa probité de soldat, il se fait incorporer dans l’Armée d’Armistice où il restera jusqu’à la démobilisation de Novembre 42. Après une affectation provisoire à Saverdun (Ariège) il est nommé au 10ème BCP à Neuville-sur-Ain (Ain). Bientôt est créée l’ORA (Organisation Résistante de l’Armée) dont une des premières tâches sera le camouflage des armes : le 10ème BCP est cité comme l’une des premières unités à s’être livrée à ce travail (2) .

Décembre 1942 il entre à l’Etat Major de l’ORA, Général Verneau, puis à l’arrestation de celui-ci, Revers. De début 1943 jusqu’à son arrestation, il évoluera au sein du réseau Samson (anagramme de Masson) opérateur en France du Réseau de Transmissions et Renseignement SR AIR basé à Alger. Il dirige d’abord dans la région de Reims un groupe de liaisons entre Paris et Londres par avions « Lysander » (3) avant de rejoindre Paris où il se consacrera au Renseignement et aux Transmissions Radio avec le BCRA à Londres (4).

Il entreprend de fréquents déplacements à travers toute la France, pour des renseignements militaires, fortifications du Mur de l’Atlantique entre autre, en liaison avec le Groupe Jade-Amicol, Colonel Arnould, auquel il procure chaque semaine un courrier qui s’enrichira sans cesse. Avec 300 autres, son nom est gravé à Ramatuelle sur le monument à la mémoire des agents de renseignement disparus pendant le 2ème Guerre (5)

Et il a la responsabilité complète des Transmissions Radio avec Londres : dans son rapport de Novembre 45, le Commandant du réseau F. Aubry – qui a succédé à Robert Masson – cite ses principales attributions :

« Recrutement d’opérateurs radio et d’équipes de protection

« Recherche de locaux pour émission et réception radio

« Prise en charge et répartition du matériel radio parachuté

« Etude et règlement des conditions de travail des opérateurs ».

A plusieurs reprises il échappe à des pièges tendus par les allemands. C’est à la fois « un organisateur et un exécutant de premier ordre » (4). Peu de temps avant son arrestation, il arrive à se procurer un document très important, le « Gotha » de la Gestapo, la liste des personnes recherchées.

Arrêté le 11 Août 1944 par la Gestapo à Paris, « sur le pont Alexandre III, alors qu’il avait rendez-vous avec un agent non identifié par la suite » (4)  il est interné à Fresnes.

Au moment de son embarquement pour la déportation, le 15 Août dans la Gare de Pantin, il laissera tomber sur le quai un billet parvenu à Mme Gardes, indiquant qu’il n’avait pas été interrogé, les gens du réseau pouvaient être tranquilles, alors qu’il était un de ceux qui connaissaient le mieux aussi bien les têtes du réseau que ses opérateurs…

Ce train arrivera à Buchenwald le 20 malgré la destruction du pont de Nanteuil-Saâcy sur la Marne. Avec le Matricule 77712, le 3 Septembre 1944 il est à DORA (Nordhausen, Thuringe) et le 6 au camp annexe d’ELLRICH-JULIUSHÜTTE avec la plupart de ses compagnons « 77000 ». Très éprouvé par une maladie pulmonaire, il est dispensé de travail le 12 Février 1945 devenant un « ohne Kleidung » ce qui lui vaut le 3 Mars 1945 de faire partie du Transport de 1602 malades sur la Boelcke-Kaserne de Nordhausen où ils arrivent le même jour .

Il aurait été vu pour la dernière fois embarquant dans le train de 2252 détenus parti le 6 Mars 1945 de la Boelcke-Kaserne pour Bergen-Belsen. « En son absence, disent les documents officiels, et en l’absence pour des raisons identiques des personnes qui le connaissaient le mieux (il n’y eut pas de rescapé de ce train du 6) il est impossible de fournir sur son compte des renseignements plus précis » .

Porté disparu à 28 ans, il laisse son épouse et leurs quatre enfants qui seront hébergés avec leur Maman chez leurs grand’parents maternels au Mans.

Nommé Capitaine à titre posthume, Michel Reyx recevra la Croix de guerre, la Médaille de la Résistance et sera Chevalier de la Légion d’Honneur (J.O. du 7 Juillet 1946).

 

 

 

média :

 

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honneurs :

Croix de guerre avec palmes et étoile d’argent

la Médaille de la Résistance

Chevalier de la Légion d’Honneur (J.O. du 7 Juillet 1946).

Plaque des anciens élèves morts en déportation au Prytanée et à St Cyr

Rue du Capitaine Reyx  au Mans (photo ci-dessus)

Sources :

archives familiales – tous droits réservés

Archives de l’Amicale

Archives du Mémorial de Dora (évacuations des 3 et 6 Mars 1945)

Livre Mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

Etat des Services, Archives militaires

Mémorial St Cyr

( 1 ) Etat des Services, Archives militaires, familiales et au Mémorial de DORA

( 2 ) « La première résistance : le camouflage des armes » Philibert le Loisy, 2010 L’esprit du livre Editions, page 50

( 3 ) « Mes missions au clair de lune, un du SR Air en action » Robert Masson 1975 Editions La Pensée Moderne

NDLR : Masson et Reyx se sont probablement rencontrés à Vichy en 1941.

( 4 ) «  Le S. R. AIR » Jean Bézy 1979 Editions France Empire

( 5 ) Livre d’Or du Mémorial de Ramatuelle 1939-1945, Amicale des Anciens des Services Spéciaux de la Défense Nationale (AASSDN), 2005 édité par Compagnie Graphique

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations, photos…. dont vous disposez (en indiquant vos sources).

 

 

Journal Officiel :

JORF n°290 du 14 décembre 1997 page 18080

ARRETE
Arrêté du 31 juillet 1997 portant apposition de la mention « Mort en déportation » sur les actes et jugements déclaratifs de décès

NOR:DEFM9754013A

ELI: Non disponible

Par arrêté du secrétaire d’Etat aux anciens combattants en date du 31 juillet 1997, la mention « Mort en déportation » est apposée sur les actes et jugements déclaratifs de décès de :

 

Reyx (Michel), né le 14 février 1917 à Saint-Vérain (Nièvre), déclaré décédé le 1er Juillet 1946 (Etat Civil) par jugement du 8 Novembre 1948 (sans autre renseignement).

Lien pour marque-pages : Permaliens.