SANCHIDRIAN Georges

sanchidrian

Georges Sanchidrian

Né le                   11/09/1905  à Oran (ALG)

Pseudonyme : Collin

Profession : Ingénieur en chef PTT – Chef du services des transmissions coloniales

Situation familiale : Marié

Domicile : 52 rue de Londres Paris

Réseau maquis :  France Combattante – GALLIA-DARIUS

 Arrêté le : 8 juillet 1944 à Garches

 Prisons : Fresnes

Il est dans le convoi parti de Pantin le 15 août 1944pour Buchenwald où il a le matricule76840

 

parcours :

transféré à Dora le 3 septembre 1944

à ellrich le 9 septembre 1944 affecté au block 4

Devant l’avance des armées alliées il est évacué dans le convoi du 5 avril dirigé vers Heinckel

il serait décédé vers le 10 avril le témoin du décés est  Gustave Colzy (43220).

Il aurait été inhumé au cimetiére de Segeletz le 14 avril 1945 (information non vérifiée)

Témoignage :

 

Témoignages sur M. Sanchidrian par Jacques GRANDCOIN.

« A côté de moi dans le block, dès l’arrivée j’avais un camarade, à qui j’étais très attaché, il s’agissait de Georges SANCHIDRIAN. Il avait la particularité d’être un ingénieur de Polytechnique, qui avait été ingénieur en chef aux PTT avant la guerre. Il avait installé « Radio Brazzaville » qu’il avait dirigé pendant des années. C’était donc un ingénieur dans l’électronique très compétent, et qui avait une culture très importante. Il avait une mémoire très étonnante, par exemple il nous récitait des ouvrages comme Tartarin de Tarascon, qu’il nous racontait de la première à la dernière page. Un soir, on était rassemblés pour attendre le wagon, il dit à quelques camarades « Ah, hier je me suis trompé, oui j’ai oublié la page par exemple 134 », et il reprenait comme ça le paragraphe oublié. Il avait une mémoire étonnante. Il s’était mis en tête de me donner des cours d’électricité de haut niveau sans aucun livre, sans aucun document, simplement de tête. En dehors de ça il avait été au lycée en Allemagne, parce que son père était militaire, son père était général, il avait été pendant l’occupation en Allemagne, à Trèves. Donc Georges SANCHIDRIAN avait été au lycée de Trèves, il y était resté plusieurs années dans un lycée français, mais il vivait quand même avec la population allemande. Donc il parlait allemand, mais tout en parlant allemand, il n’arrivait pas à se faire comprendre, il avait un allemand littéraire, qui n’était pas compris des Allemands. Je me souviens un jour,  il avait été pris à parti par un SS, qui lui avait mis un grand coup de poing dans la figure, et Georges qui était au garde à vous, lui disait en allemand pourquoi tu me frappes, et l’autre lui en remettait un coup dans la figure, au même endroit de la figure, et Georges recommençait à poser la même question,  et à chaque fois, il se reprenait un coup de poing. Alors quand j’ai vu ça, j’ai pris Georges par le bras, je lui ai dit « allez viens, on ne discute pas avec les abrutis ». Il se faisait voler ses chaussures dans la nuit, alors j’avais lacé ses chaussures avec du fil de fer, et comme ça il ne posait pas ses chaussures la nuit, et il ne se les faisait pas voler, le lendemain matin il avait ses chaussures. Je le prenais sous ma couverture la nuit, je l’enveloppais avec moi, sinon il ne pouvait pas arriver à s’en sortir. Il était plus âgé que moi, très intelligent, mais il n’arrivait pas à se défendre.

Il est tombé malade, et donc il avait eu des jours de repos (des schonung), c’est-à-dire qu’il était dispensé de travail. Il était donc resté au block, et le chef de block, Théo qui était un maçon de son métier, avait décidé de rénover le block N°4, il avait fait des travaux importants. Comment il avait réussi à se procurer les matières premières, ça c’est un mystère. Et il avait demandé à Georges de décorer le block, il lui avait fourni les peintures, et Georges qui était doué pour la peinture, avait fait des tableaux. Il avait fait le pont de Trèves qui enjambe le Rhin, il avait fait un bal du 14 juillet place Pigalle à Paris, et puis il avait fait un autre tableau le « French cancan ». Et les peintures sont restées plusieurs années après la guerre, c’était des peintures à l’eau qu’il avait faites sous forme de fresques, c’était assez bizarre.

Malheureusement, le dernier jour quand on est parti, c’était le 4 avril 1945, Georges partait pour l’évacuation du camp, il était venu me voir, et il m’avait dit « Jacques vient avec moi », cela a été notre dernière discussion. Il n’a pas voulu m’écouter, et il est parti avec les malades de l’infirmerie, puisque à ce moment là, il était à l’infirmerie, et malheureusement il n’est pas revenu. Il est mort pendant le trajet. Mais je pense que dans l’incapacité qu’il avait à se défendre lui-même, ce n’était pas étonnant, moi je reste toujours intimement persuadé que si il était resté avec moi, j’aurais réussi à le ramener.…. Tout de suite il y a eu les appels, les rassemblements. Il y a eu 2 vagues successives, une le 3 avril, et l’autre le 4 avril. Les trains sont arrivés, ils venaient déjà de prendre d’autre Déportés, notamment à Dora. Le premier convoi a été fait avec les camarades qui venaient du Revier, c’est-à-dire ceux qui étaient malade, j’en ai parlé tout à l’heure, c’est là que Georges SANCHIDRIAN était venu me voir pour que je parte avec lui. Ils sont partis dans une autre direction que la nôtre, les convois d’évacuation ont été très différents les uns des autres.

Le 12 avril 2010, à l’occasion des cérémonies du 65ème anniversaire de la libération du camp de concentration de Dora, a eu lieu l’inauguration d’une exposition de fresques peintes au camp d’Ellrich par le déporté résistant français Georges Sanchidrian, polytechnicien et ingénieur des P.T.T.

La commission  a cherché des informations sur sa personnalité et ses activités de résistance.

Celles qu’elle a pu obtenir proviennent

¨ – de madame Plocieniak, fille de l’ingénieur en chef des P.T.T. La Maïda, camarade de promotion à L’X et collègue à Alger, avant la guerre, de Georges Sanchidiran, et qui a joué un rôle capital dans les écoutes téléphoniques des commissions d’armistice allemande et italienne en Afrique du Nord entre 1941 et 1942. Ses souvenirs figurent dans l’ouvrage « Allô, Alger? Ici la Résistance », et dans le compte-rendu  d’un colloque relatif à la résistance dans les P.T.T., compte-rendu disponible ici 

¨ – d’une interview de Jacques Grandcoin, déporté au camp d’Ellrich. Dans cette interview réalisée par une de ses petites filles, il évoque le souvenir de Georges Sanchidrian, qu’il a bien connu dans ce camp.

¨ – du livre-mémorial des camps de Dora-Ellrich (1949 – Paris), à la rédaction duquel à participé Jacques Grandcoin.

En outre, Monsieur Christian Sanchidrian, parent de Georges Sanchidrian, nous a fourni plusieurs photos où il apparaît, ainsi qu’un texte signé de lui et publié dans le journal « Radio-Alger » en 1935.

Georges Sanchidrian est décrit comme sportif. Lorsque les Allemands veulent l’arrêter en 1942, il s’échappe par la fenêtre. Mais il est également très cultivé, aime la lecture, et connaît par cœur des textes littéraires de qualité. Il est plein de fantaisie.

Madame Plocieniak, à la page 26 de son ouvrage, le décrit ainsi : « l’Ingénieur en chef des services Alfred Lelluch, malgré toute la rigueur de son caractère, adorait la fantaisie de Sanchi (qui, d’ailleurs, ne se serait laissé prendre à son charme ?). Sanchi était un homme qui vous enthousiasmait et vous entraînait dans son sillage, quand il voulait, où il voulait, avec la plus extravagante des fantaisies ». Une image analogue de lui est donnée dans l’extrait du livre-mémorial des camps de Dora-Ellrich. Cet  ouvrage fait état, non de Cendrillon, mais du 14 juillet. Peut être que ces dernières fresques ont été détruites.

C’est sans doute à sa fantaisie qu’il faut rattacher son goût et son talent pour la peinture, qui lui ont permis de réaliser les fresques sur « Cendrillon » qui font l’objet de l’exposition réalisée par le mémorial de Dora. Ce goût et ce talent étaient sans doute favorisés par son milieu familial. On peut en tous cas le subodorer à travers la courte biographie de son frère Simon, peintre et caricaturiste.

 

 

 

média :

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Georges Sanchidrian à Polytechnique

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Domicile parisien de Sanchidrian Georges – 1940

Georges Sanchidrian et son épouse

Georges Sanchidrian et son épouse

 

 

 

honneurs :

nommé capitaine à titre posthume

Sources :

Archives de la famille Sanchidiran ( tous droits réservés)

Archive Ecole Polytechnique

archives Amicale Dora Ellrich,

Livre Mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

Mémorial Dora Mittelbau

Archive de Mme Ploceniak Claude— Auteur du livre « Allo Alger? Ici  la Résistance »

Édition Thélès –2006—ISBN  2 84 776 –608-1

 

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations, photos…. dont vous disposez (en indiquant vos sources).

 

 

Journal Officiel :

19 mai 1998       JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE  page 07618

Mesures nominatives Ministère de la défense

Arrêté du 24 février 1998 portant apposition de la mention « Mort en déportation » sur les actes et jugements déclaratifs de décès

NOR: DEFM9854001A

Par arrêté du secrétaire d’État aux anciens combattants en date du 24 février 1998 :

La mention « Mort en déportation » est apposée sur les actes et jugements déclaratifs de décès de :

Sanchidrian (Georges, Jean, Fernand), né le 11 septembre 1905 à Oran (Algérie), décédé le 12 avril 1945 à Oranienburg (Allemagne)

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