Segelle Pierre

psegelle1960      Né le  11 septembre 1899 à Médéa (Algérie)              

Pseudonyme :

Profession : Médecin

Situation familiale à l’arrestation : Marié – un enfant

Domicile :

Réseau maquis : Libération nord

 Arrêté le :

 Prisons :

Il est dans le convoi parti de   Compiègne le  2 juillet 1944  pour Dachau où il a le matricule 78029

 

parcours :

Pierre Ségelle est transféré à Neckargerach

puis Dora et Ellrich, où il a le matricule 89628

Décédé le 8octobre 1960 à Paris (16ème).

Témoignage :


Fils d’un médecin militaire Il obtient en 1916 un bac littéraire mais ne se prédestine pas aux métiers des lettres. Il s’oriente donc vers des études scientifiques et choisit la médecine.
En 1918, il est mobilisé comme médecin auxiliaire à l’armée d’Orient et il ne revient à la vie civile qu’en 1920, date à laquelle il reprend ses études en intégrant la faculté de médecine de Paris. Il en ressort diplômé docteur en médecine

En 1923, il s’installe comme médecin généraliste dans un village de Sologne, Ligny-le-Ribault. Il  s’investit aussi dans la commune comme conseiller municipal et animateur des fêtes locales.

En 1930, il  s’installe dans le quartier Saint-Marceau, à Orléans. Il va exercer différentes fonctions successives médecin-adjoint de l’hôtel-Dieu d’Orléans, puis médecin-chef de service, poste qu’il occupe de 1932 à 1938. Médecin  de l’hospice de vieillards,il poursuit également des recherches dans un laboratoire de la Sorbonne. Il déménage son cabinet au 11 rue Jeanne d’Arc, puis  en 1938, il devient médecin conseil à la caisse départementale des Assurances sociales, rue Théophile Chollet.

Sur demande de la Préfecture il ouvre un hôpital auxiliaire à Saint-Marceau destiné aux républicains espagnols réfugiés

Pendant la seconde guerre mondiale, Pierre Ségelle manifeste rapidement son refus de l’occupant, soigne à l’hôpital d’Orléans des prisonniers de guerre évadés et sauve un parachutiste canadien blessé qu’il fait passer  en Espagne.Ses premiers signes de résistance lui valent une première arrestation classée sans suite, faute de preuves.

Il rejoint le réseau orléanais du mouvement national « Libération Nord » par l’intermédiaire de son ami Roger Secrétain et en devient l’un des chefs de file dans le Loiret.  Le comité orléanais se réunit à l’hôpital et comprend, autour de André Dessaux, Pierre Ségelle et Roger Secrétain, le docteur Chevallier, Georges Carré, directeur de ce même hôpital et beau-frère de Roger Sécretain, le docteur Grosbois, Paul Sougy, professeur de sciences naturelles au lycée Pothier, Robert Goupil, instituteur à Beaugency  chargé, avec son adjoint Rochet, instituteur à Jouy-le-Pothier, de constituer des groupes armés.

Ce groupe se charge de l’accueil et la protection des évadés, des parachutés et des réfractaires au S.T.O. du renseignement sur l’aérodrome de Bricy et sur les mouvements de troupes et de matériel aux Aubrais communiqués par les cheminots du groupe « Résistance-Fer » et envoyés aux Anglais , de la préparation des parachutages ainsi que de la conception des faux papiers.

Pierre Ségelle est alors arrêté avec André Dessaux, Robert Goupil et Rochet. Prévenu in extremis, Roger Secrétain échappe à la rafle.

Suite au démantèlement du réseau en octobre-décembre 1943, Pierre Ségelle est interpellé, conduit au siège de la Gestapo puis emprisonné à la prison d’Orléans. Il est ensuite transféré à Compiègne.

il y rédige avec ses amis de détention une note confiant à Pierre Chevallier le soin d’administrer la ville en attendant le retour d’André Dessaux (qui succombera malheureusement des suites de sa déportation).

Lors de son internement Pierre Ségelle fait preuve d’une conduite et d’un dévouement exemplaires envers les autres internés comme ce sera d’ailleurs également le cas en Allemagne.

De Compiègne, il est déporté à Dachau matricule 78029 par le cinquième transport parti de France en direction du KL Dachau depuis le débarquement de Normandie. C’est aussi le plus important qui ait jamais quitté Compiègne. Il est resté tristement célèbre sous le nom de « Train de la mort » en raison du nombre élevé des décès survenus durant le voyage. Le dimanche 2 juillet 1944, vers 9 heures 15, le train n°7909 s’ébranle sous une légère bruine de la gare de Compiègne en direction de l’Allemagne. Dans chacun des 22 wagons, les nazis ont entassé une centaine d’hommes.il arrive à Dachau-gare le mercredi 5 juillet vers 15 heures. Sur 2152 hommes de ce convoi 519 seraient décédés durant ce parcour.

Puis Pierre Ségelle est transféré à Neckargerach, ce camp est mentionné pour la première fois le 27 avril 1944, et compte déjà 900 détenus début mai 1944, 1250 et plus à partir de mi-mai et jusqu’à septembre 1944. La majorité travaille dans les mines ou dans les environs d’Obrigheim. A partir de l’automne 1944, Neckargerach sert en partie comme camp de malades pour les camps du Neckar. Il est situé près de Mannheim.

enfin il est transféré à Dora puis à  Ellrich, matricule 89628, Il recevra le titre symbolique de « déporté exemplaire ».

Libéré à la fin du mois de mai 1945, il revient éprouvé des camps de concentration mais se consacre activement à perpétuer la mémoire de ses compagnons disparus et à défendre la reconnaissance statutaire des rescapés des camps de la mort.
Il participe à la mise au point de la pathologie du déporté et à la reconnaissance du principe de la présomption d’origine pour les maladie

Dans le département du Loiret, il fonde l’Amicale des Anciens Déportés, Internés et Familles (ALADIF).

Il sera également président de l’Amicale Nationale des Déportés de Dora et d’Ellrich et vice-président de la Fédération Nationale des Anciens de la Résistance.

Il est d’abord délégué à l’Assemblée consultative provisoire à Paris en 1945 où il est nommé le 29 juillet membre de la commission de la France d’outre-mer, de la commission de la réforme de l’Etat et de législation et de la commission du travail et des affaires sociales. Puis, investi par le parti socialiste SFIO, il conquiert un siège de député en 1945, siège qu’il conservera jusqu’en 1958 conformément à sa ligne de conduite politique. Il est nommé membre de la commission des pensions civiles et militaires et des victimes de la guerre et de la répression et de la commission du travail et de la sécurité sociale.

Il dépose et défend plusieurs rapports et propositions de loi visant à défendre les droits à la reconnaissance et à la réparation des victimes civiles de la guerre (déportés politiques, réfractaires, maquisards, évadés et veuves de guerre). L’organisation administrative de la sécurité sociale constitue son deuxième champ d’intervention au cours de ce mandat, comme ce sera d’ailleurs le cas pour les suivants.

Au cours de cette première Assemblée nationale constituante, il vote le 24 avril 1946 en faveur du projet de loi relatif à la nationalisation de certaines sociétés d’assurances et à l’industrie des assurances en France. .

Il accepte le ministère de la santé publique et de la population dans le cabinet Léon Blum du 17 décembre 1946 au 22 janvier 1947 et celui du travail et de la sécurité sociale dans le cabinet Georges Bidault du 28 octobre 1949 au 7 février 1950.

Pierre Ségelle milite toujours activement pour la défense des droits des anciens combattants et victimes de guerre et celles des assurés sociaux (notamment des étudiants et des personnes âgées). Pierre Ségelle peut être considéré comme l’un des pères fondateurs de la sécurité sociale sous son aspect actuel. Il sera également l’ inspirateur du SMIG, ancêtre du SMIC actuel

Lors des élections législatives du 17 juin 1951, Pierre Ségelle rappelle et réaffirme sa lutte en faveur des travailleurs, du maintien de la laïcité de l’Etat, de la nationalisation de l’enseignement et d’une politique internationale pacifiste et respectueuse des droits de l’homme dans laquelle l’ONU doit tenir une place prépondérante.

Il soutient la ratification des traités instituant la Communauté économique européenne et la Communauté européenne de l’énergie atomique le 9 juillet 1957.

Favorable à la décision de révision de certains articles de la Constitution en mai 1958, il vote le 1er juin l’investiture du général de Gaulle et lui accorde les pleins pouvoirs le lendemain.

Tout au long de la quatrième République, Pierre Segelle conjugue, en dépit d’un état de santé fragile, politique nationale et locale, tenant ainsi une place importante au Parlement, au gouvernement et à la tête de la ville d’Orléans pendant près de 13 ans.

Elu conseiller municipal en 1947, il devient en effet maire d’Orléans en 1954 . Il conserve cette fonction jusqu’en mars 1959. À Orléans, il poursuit activement l’œuvre de reconstruction et de modernisation entreprise par son prédécesseur Pierre Chevallier. Sous son mandat de maire voient le jour un important programme de construction de logements sociaux, la renaissance des transports urbains, la reconstruction du pont Joffre, le développement du réseau de voirie et d’assainissement

Représentant de la France auprès de la Commission Internationale pour le Service International de Recherches (novembre 1956), Pierre Ségelle est l’une des figures marquantes du Loiret de par son passé de résistant, ses qualités professionnelles, sa notoriété politique et une large ouverture d’esprit.

 

Père d’une fille, Jeannine, Pierre Ségelle s’est éteint le 8 octobre 1960 à l’hôpital

média :

Segelle stéle

Stéle Esplanade de la France libre

 

 

honneurs :

Commandeur de la Légion d’honneur, il est également titulaire de la Croix de guerre (1939-1945), de la Croix de déporté résistant, de la Croix de combattant volontaire de la résistance, de la Croix de guerre polonaise et est élevé au grade de commandeur de la santé publique.

Une école primaire et un boulevard porte son nom à Orléans

Une rue à LIGNY-LE-RIBAULT (45240)  et à SAINT-PÈRE SUR LOIRE (45600) :

 

Sources :

Archives familiale tous droits protégés

archives Amicale Dora Ellrich,

Livre Mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations, photos…. dont vous disposez (en indiquant vos sources).

 

 

Journal Officiel :

 

 

 

 

 

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