Woffleben

wofflebenCe petit Kommando de Dora est situé entre Ellrich et Nordhausen du côté Nord du Kohnstein, presqu’en face le B12 et les tunnels de Dora.

Il s’agit encore d’un tunnel, qui traverse une colline de part en part, avec des galeries latérales « en arête de poisson ». Les détenus d’Ellrich viennent y travailler et font l’aller-retour quotidien par le train ou à pied.

Début janvier 1945, les détenus cessent de faire cet aller-retour quotidien. Ils sont logés dans un nouveau camp construit sur place.

L’effectif initial est de 242 détenus le 3 janvier, 375 le 20 février, 905 le 1er mars, 842 le 31 mars.

Ce sont des « mineurs », « privilégiés » parce qu’ils échappent à la fatigue des transports et des appels.

Un témoignage [ 1] sous le titre Lager Woffleben, donne une idée de l’intérieur des blocs :

« les blocs étaient des baraques neuves avec deux étages de bat- flanc. Les Häftling couchaient non plus sur des paillasses, mais sur un lit de copeaux de bois, et le grand souci en arrivant à sa place était d’essayer de récupérer les copeaux que les voisins de côté ou de derrière avaient pu voler et faire glisser sous eux. La place était très réduite, si réduite que faute de pouvoir se coucher sur le dos, il fallait se coucher sur le côté, étroitement encastré entre les deux voisins. Les flancs décharnés, supportant mal le contact, obligeaient à changer assez souvent de côté, ce qui ne pouvaient se faire qu’au même instant pour tous ceux d’une même travée. Mais si réduite que
fut la place, au moins était-on sûr de retrouver chaque jour une place. Et tous appréciaient infiniment de pouvoir, trois quarts d’heure après la sortie du tunnel, être déjà couché « à la maison ». On avait maintenant une table dans la baraque où l’on nous servait la soupe et le pain ; il n’y avait guère de place sur le banc pour les deux fesses et il fallait attendre dehors son tour pour venir s’y asseoir, mais quand on s’asseyait on avait plus à s’affairer à la recherche d’une gamelle dans laquelle déjà deux ou trois autres avaient avalé leur soupe. »

Il y a cependant de nombreux malades, car le travail au tunnel est dur, et les conditions des mois précédents ont été éprouvantes. Les malades graves sont évacués sur Ellrich, et les morts y sont transportés dans des caisses.
Evacués d’Auschwitz et de Gross Rosen,environ 700 détenus arrivent le 1er avril.
L’évacuation intervient quelques jours plus tard, le 4 avril par train. Celui- ci va jusqu’à Hanovre et Hambourg ; il continue jusqu’à Brunsbüttel dans le Holstein puis revient sur Hambourg. Il se dirige alors vers le sud et arrive à Bergen Belsen.

[1] Page 94 – Mémorial des camps de Dora-Ellrich 1949 – recueil de témoignages anonymes Paris 1949

Lien pour marque-pages : Permaliens.