Jean maupoint
Jean maupoint

  Né le                   24.09.1907  à Luçon (85)

Pseudonyme :

Profession : Lynotipiste – artiste de music hall

Situation familiale :

Domicile : 13 rue du Pérou Clermont Ferrand

Réseau maquis :

 Arrêté le :

 Prisons :

Il est dans le convoi parti de    Compiègne le 16 AVRIL 1943    pour Mauthausen où il a le matricule 26907.

 

parcours :

Il est trasféré au kommando de Wiener-Neustadtpuis après un passage à Buchenwald, il rejoindra le camp de Dora.

Dans ce camp il sera choisi pour un reportage réalisé par Walter Frentz, photographe attitré de Hitler.

photo de propagande image de Dora 1943-1945 Jean Maupoint
photo de propagande image de Dora 1943-1945 Jean Maupoint

libéré le 11 avril à Dora par les américains, très affaiblis, il s éteint à l’Hôtel‐Dieu de Clermont‐Ferrand le 21 août 1945 à l’âge de 38 ans

Témoignage :

Jean Maupoint s’installe à Clermont Ferrand en février 1932. En 1937 il crée la chanson satirique de la “Tiretaine” cours d’eau qui traverse Clermont ferrand. La chanson est amusante mais, à bien l’écouter, …..

Moi quand d’la vie je voudrai en finir,
Pour être sûr de mourir …
Dans le lit d’la Tiretaine
Je me laiss’rai glisser,
J’aurai l’âme sereine
Sachant que la mort sera vite arrivée…
Dans les eaux de la Seine
On est long à s’noyer ;
Tandis qu’dans la Tiretaine…
On est vite asphyxié ! ! !

 

Cette chanson le propulsera dans le monde des artistes.

La guerre arrive mais il n’hésite pas à continuer  sur le même ton à  brocarder l’occupant  en jouant habilement sur les mots.

Lors d’une de ses entrée  en scène avec un portrait d’Hitler à la main il demande : « Alors qu’est‐ce qu’on fait ? On le pend ou bien on le cloue ? »

La milice n’est pas rieuse,c’est là son moindre défaut,  un soir de 1943, elle l’attend en coulisse et le remet aux nazis.

Il est transféré à Compiègne.

Mais pour Jean Maupoint ,  même au plus noir de la nuit, l’humour doit rester le maître . Alors il crée  des chansons satiriques. Ses compagnons de bat-flanc se souviennent encore de ” à compiegne ” qu’il composa en respectant vaille que vaille la rime : « Mais faute de sirènes aux cheveux ondulés, dans le camp toute la semaine nous apercevons les frisés… »

En partance pour l’enfer Jean Maupoint pousse encore et toujours la chansonnette… Le trajet dure deux jours

En poussant des wagonnets à Dora, le déporté Jean Maupoint fredonne ses dernières créations : La Marche des bagnards,  la Valse des courges, Dora

il est parfois des noms
Dont l’origine nous inquiète
Et que nous répétons
Souvent sans rîmes ni raisons.
Parmi ces noms troublants
Qui circulent dans notre tête
Il en est un sûrement
Dont nous nous souviendrons longtemps.

REFRAIN
Dora, Dora,
Est-ce un chien ou un chat,
Est-ce un nom de fleur ou un nom de femme,
Dora, Dora,
Que ça soit ce que ça voudra
Quel plaisir on aura
Quand on quittera Dora.

Si vous êtes parrain
Après la guerre d’une fillette,
Il faudra c’est certain
Lui trouver un nom assez bien :
Choisissez Dorothée,
C’est un nom de grande coquette,
Et comme ça dans l’intimité
Vous pourrez l’appeler

REFRAIN

Lorsque vous vous rendrez
Chez un ami faire bombance,
Fatalement vous prendrez
Sur le trottoir un gros pavé,
Votre femme vous dira :
— Voyons, Henri, c’est de la démence,
— Chérie tu ne comprends pas
Mais à cet ami ça rappellera

REFRAIN

Un jour en société
Il se peut que vous disiez même :
— Tous à poil à côté
Maintenant je vais vous désinfecter.
Rajustant son lorgnon,
Une marquise très Louis XVe
Vous dira : mon garçon
“Vous tenez ça de quel salon.?”

REFRAIN

Quand vous apercevrez
Devant un grand baquet
De pommes de terre
Un cochon s’engraisser,
De suite vous protesterez.
Pour avoir un tel droit
Qu’est-ce que ce cochon
A bien pu faire
Car je connais un endroit
Où il y en aurait au moins pour trois.

REFRAIN

Si un soir au logis
Votre femme vous disait :
Pour te plaire je t’ai acheté aujourd’hui
Un beau pyjama bleu et gris.
— Fous-moi le camp avec ça,
Crierez-vous plein de colère,
Car vois-tu ce pyjama.
Ressemble au costume que je portais à

REFRAIN

Bientôt quand, sonnera
L’heure de la délivrance
Et qu’enfin Von verra finir
Notre vie de forçat,
En attendant le train
Qui nous ramènera en France,
Tous le cœur plein d’entrain
Nous chanterons ce petit refrain :

REFRAIN

Vivant à la Libération, il est rapatrié en avion. il reçoit l’insigne des FFI et rédige la “Lettre de Toto au Père Noël”. Une chanson de larmes destinée à son fils Jacky.

il s’est éteint à l’Hôtel‐Dieu de Clermont‐Ferrand le 21 août 1945 à l’âge de 38 ans

 

média :

 

Chanson composé au camp de Royallieu

A Compiègne, 1943.
I
De tous les coins de France,
Nous sommes arrivés
Ramassés par malchance
Nous voilà prisonniers.
Certains se désespèrent
Et se font des soucis,
Oublions nos misères,
Tous en chœur chantons ceci:
Refrain
À Compiègne, à Compiègne,
Dans ce camp partout cerné
De barbelés.
À Compiègne, à Compiègne,
Nous avions pour tout décor
Des miradors
À Compiègne, à Compiègne,
Du matin jusqu’au soir
On vit dans l’espoir.
Aussi le moral est bon,
Car bientôt nous partirons
De Compiègne.
II
Dans ce lieu d’infortune
Jamais nous ne voyons
De blondes ou de brunes
Bah! Nous nous en passons
Mais faute de sirènes
Aux cheveux ondulés
Dans le camp toute la semaine
Nous apercevons les frisés
III
Où sont nos cuisinières
Et leurs mets succulents
L’bifteack aux pommes de terre
De nos petits restaurants
Plus jamais on ne mange
De ces bons petits plats
Mais par contre en échange
On nous sert des rutabagas
IV
Nous buvions tant de choses
Vin, apéros, liqueurs
Qu’nous avions la cirrhose.
Tout au moins des aigreurs
Mais là, plus de chopines
De c’gros rouge d’autrefois
Y a qu’à la Boldoflorine
La meilleure tisane pour le foie
V
L’Français qu’aime les combines
Se fit d’la gratte toujours
Au bureau, à l’usine
On grattait comme des sourds
Même à nos ménagères
Nous grattions quelques sous
Maintenant ça ne change guère
Tout’ la journée on s’gratte les
poux
VI
Tous on couche sur la paille,
L’électeur, le Député,
Le curé avec ses ouailles,
Le pauvre et le banquier,
L’contribuable sans malice
Couche près du percepteur,
L’commissaire de police
Ronfle auprès d’un cambrioleur.
(alt. Près d’un clochard est tout
rêveur)
VII
Des hommes au temps naguère
Nous avaient divisés
Mais frères dans la misère
Nous  voilà rassemblés
Laissons nos divergences
Et rapp’lons nous après
Qu’il n’y qu’une France
Et qu’avant tout nous sommes
français

 

honneurs :

août 1945 médaille de la résistance

le 6 mai 1962 la rue Jean Maupoint est inauguré à Clermont Ferrand

Sources :

archives Amicale Dora Ellrich,

Livre Mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

journal “La Montagne” de Clermont ferrand

 

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations, photos…. dont vous disposez (en indiquant vos sources).

 

 

Journal Officiel :